NK
4305
L22
1987
CHM
Û
TRAITÉ DE LA FABRICATION
ET DE LA
RÉPARATION
DES
FAÏENCES ET OBJETS D'ART
TRAITE DE LÀ FABRICATION
ET DE LA
RÉPARATION
FAÏENCES
OBJETS D'ART
Avec un appendice contenant toutes les Marques des faïences
et porcelaines françaises
PAR
J. LAMBOURSAIN
^fr Céramiste-réparateur.
Paris, Le BAILLY, Éditeur, 0. BORNEMANN, Successeur
15, RUE DE TOURNON
Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour la France et l'Étranger,
y compris la Suède et la Norvège.
AVANT-PROPOS
Depuis vingt-cinq ans que je m'occupe de répa-
rations, ayant toujours ajouté cette profession à
celle de céramiste comme un complément néces-
saire, j'ai eu si souvent à donner des explications
sur la composition des objets qu'on voulait bien
me confier que l'idée m'est venue, tout naturel-
lement, de réunir et de condenser en de brèves
pages le résultat d'une expérience déjà longue.
La réparation, encore peu connue du public, a
besoin d'être expliquée, défendue ou réhabilitée afin
de prendre la place qui lui est due et de devenir :
l'Art de la réparation.
Certaines personnes lui demandent plus qu'il ne
peut donner, d'autres le rejettent systématique-
ment parce qu'il n'a pas toujours tenu toutes ses
promesses.
La vérité est entre ces deux extrêmes, et il n'est pas
— VIII —
superflu de défendre une profession aussi intéres-
sante par l'étendue des connaissances requises que
difficile à cause de l'habileté de main nécessaire
pour employer les couleurs de toutes les palettes
et les outils de presque toutes les professions.
Le véritable réparateur doit se suffire à lui-même
et pouvoir se passer ordinairement de collabo-
rateurs. Il lui faut des couleurs à l'eau, à l'huile,
une palette vitriflable, des couleurs en poudre pour
les préparer au vernis. Puis, quittant le pinceau
pour l'ébauchoir, il doit chercher un mouvement de
bras ou de jambe et modeler en cire les membres
absents. Il doit savoir mouler et, par des trucs ingé-
nieux, imiter avec du plâtre durci la faïence ou le
bois, la terre, le biscuit ou le métal.
Ensuite, devant l'étau, la lime ou la filière en
main, il lui faut réparer un bronze ; faire une sou-
dure ou un filet ; abandonner ce travail pour prendre
le coussin du doreur et refaire, en les vieillissant et
en leur donnant la patine voulue, toutes les pièces
et morceaux que le temps a patiemment détruits ou
détériorés. Sans parler ici de la réparation de
tableaux, travail reconnu comme exigeant des
connaissances artistiques très élevées, nous sommes
autorisés à dire que pour toutes les autres répara-
tions, à une époque où les progrès de la mécanique
— IX
ont tellement spécialisé le travail, que bientôt les
ouvriers qui tournent des bâtons de chaises refu-
seront de tourner des pieds de fauteuils, le répara-
teur doit pouvoir répondre à toutes les demandes et
pouvoir faire lui-même les raccords dont se sou-
cient peu les ouvriers spéciaux. En suivant les
détails que nous allons donner sur les produits à
employer et les précautions à observer en exécutant,
par exemple la réfection d'un membre, depuis l'ins-
tant où les doigts pétrissent la cire jusqu'au moment
où le client avoue ne pas se souvenir s'il manquait
le bras droit ou gauche, moment d'intime satisfac-
tion pour l'artisan consciencieux, nous pourrons
juger des difficultés à surmonter et du mérite qu'il
y a à les vaincre.
Le réparateur doit faire abnégation de sa person-
nalité, de toute originalité pour copier jusqu'aux
défauts de l'auteur. Faire moins bien serait un
défaut, faire mieux serait une faute.
Il faut aussi être fin coloriste, car la nuance à
raccorder posée sur la nuance existante ne souffre
pas d'à peu près et doit être d'une justesse absolue.
Sauf en quelques circonstances que nous étudie-
rons, où les pièces perdues peuvent être refaites, en
terre ou en kaolin, cuites et émaillées au feu, la ré-
— X —
paration dans son ensemble n'est pas vitrifiée et
ne peut, par conséquent, prétendre à la dureté de
la silice.
On lui reproche aussi de jaunir avec le temps,
mais ce défaut est maintenant corrigé par l'emploi
exclusif du blanc de neige ou fleur du blanc de zinc,
et n'est plus que légèrement appréciable sur les
objets blancs ou à fond blanc que l'on ne doit
repeindre qu'après avoir prévenu le client.
Quant à la solidité, la pâte dite anglaise, entre
autres produits, devient assurément plus dure que
la plupart des terres cuites modernes, qu'on cuit à
très petit feu pour éviter les déformations ; plus
dure que l'intérieur des faïences de Rhodes ou de
Téhéran et au moins aussi solide que la plupart des
terres émaillées.
i
Notre travail rend donc chaque jour d'incontes-
tables services, en assurant la durée et pour ainsi
dire la perpétuité d'objets d'une extrême fragilité,
dont la destruction serait la cause de grandes dou-
leurs lorsque de chers souvenirs s'y rattachent, ou
une perte pour l'art lorsqu'ils représentent un pro-
grès accompli ou une victoire de l'homme sur la
matière.
— XI —
En résumé, l'art de la réparation est d'une effi-
cacité réelle dans la plupart des accidents et, au point
de vue de la solidité et de l'aspect, il offre des garan-
ties suffisantes ; mais ne lui demandons rien pour
les services de table, sinon quelques agrafes posées
à l'extérieur pour consolider une assiette ou un pla
fendus.
CÉRAMIQUE
PREMIÈRE PARTIE
ORIGINE DE LA CÉRAMIQUE
Nous possédons à un très haut degré le culte du souve-
nir 5 c'est pourquoi, sans interrompre notre marche vers
le progrès, nous aimons à rassembler et à conserveries
œuvres du passé, documents précieux pour l'histoire
artistique de l'humanité et surtout de notre France.
Devant ces productions diverses, comment ne pas être
frappé de l'effort continu de l'homme à travers les âges,
pour atteindre à un idéal de beauté ? Cette tendance innée
vers le mieux, vers le beau, on la découvre déjà sur ces
débris de silex taillés, que jamais je ne touche sans
émotion, et où l'œil perçoit, après combien de siècles!
le labeur patient qui devait, en la polissant, rendre la
hache plus agréable à la vue L'homme alors, il mé-
rite déjà ce nom, a cessé d'être l'anthropoïde, le pri-
mordial ancêtre. Bientôt il va capter le feu après un
éclat de foudre dans les hautes fougères arborescemes ;
il apprendra ensuite à le produire à volonté en iranpanr
ses silex; puis, troglodyte ou nomade, le joui ou pai
— 2 —
hasard il aura installé son foyer sur un terrain argileux, il
remarquera forcément combien est devenue dure, après
cuisson, cette terre si malléable, si plastique avant d'avoir
subi l'épreuve du feu -, et ce sera là le premier potier de
terre : le précurseur du céramiste. De ces premiers essais
qui remontent aux temps préhistoriques (pliocène de
l'époque quaternaire) jusqu'à la découverte du kaolin par
les Chinois (une centaine d'années environ avant notre
ère, et 2,000 ans si on en croit les légendes de leur
pays) les progrès accomplis marquent des étapes dis-
tinctes.
Les premiers objets entièrement modelés à la main
sont de formes irrégulières, de dessins frustes. La terre
mal lavée, prise au hasard des gisements, offre une sur-
face rugueuse, garnie souvent d'ornements très simples en
noir ou en gravure : formes d'animaux ou de fleurs
à peine reconnaissables. Ces objets représentèrent la
poterie sur tous les points du globe, pendant une longue
suite de siècles, jusqu'à l'invention du tour du potier ou
tour horizontal, cité par Homère. Cette invention, qui
marque une seconde période, une ère nouvelle, va per-
mettre de porter l'art de la poterie à un très haut degré de
perfection, surtout en Grèce, dont nous admirons encore
les vases d'une si belle harmonie de lignes et de contours,
quoique un peu sobres de décoration. Les terres choisies,
lavées, polies après cuisson 5 les ornements en noir ou
brun rouge mieux dessinés -, les animaux parfaitement
reconnaissables; les personnages soigneusement détaillés
par des hachures en creux, offrent des silhouettes pures,
quoique d'aspect un peu raide et hiératique rappelant
l'art égyptien -, le potier et le décorateur s'élevant ensemble
à de hautes conceptions esthétiques vont pouvoir créer
des œuvres admirables, que, dans le même genre, on ne
surpassera plus. Une troisième période sera marquée par
l'invention d'une couverte, vernis ou glaçure vitrifiée, qui
donnera plus d'éclat au décor et rendra les poteries en-
tièrement imperméables, ce qui en étendra l'usage et en
augmentera la durée en protégeant les surfaces.
Enfin, avec la découverte de l'émail blanc opaque, nous
entrons dans la période de la faïence. La poterie va
prendre un aspect absolument différent; la terre entière-
ment recouverte va disparaître à la vue et perdre son
nom.
L'introduction en Europe de la porcelaine dure orien-
tale donnera un nouvel essor à la céramique, chaque
contrée s'efforçant d'arriver à une imitation plus ou moins
parfaite.
Un grand nombre des faïences de Delft (Hollande),
copies exactes des porcelaines importées, en sont un
exemple, ainsi que la composition de toutes pièces d'une
pâte de laboratoire, comme notre porcelaine tendre du
xviii6 siècle. Les Persans obtinrent un résultat tel
avec des terres peu teintées recouvertes d'un émail blanc
très éclatant, que plusieurs voyageurs s'y trompèrent et
affirmèrent avoir vu des porcelaines persanes à une
époque où, comme nous-mêmes, ils ignoraient l'existence
du kaolin.
Malgré cet insuccès à trouver la pâte dure, nos splen-
dides pâtes tendres resteront un titre de gloire, et de tous
temps les amateurs se les disputeront par de fortes en-
chères, étant, avec quelques autres marques que nous
étudierons par la suite, de ces productions d'art peu sen-
sibles aux fluctuations de la mode, et que leur réelle
beauté garantit contre toute dépréciation sérieuse.
La découverte du kaolin en Europe marque enfin le
dernier progrès important réalisé.
Notre intention n'étant pas de faire ici un cours de
céramique qui n'ajouterait rien aux travaux si complets
de M. Brongniart sur ce sujet, nous éviterons de donner
des formules et d'entrer dans des détails trop techniques
qui n'auraient d'intérêt que pour les fabricants. Il est
néanmoins indispensable de donner la classification des
produits céramiques et d'indiquer les principaux carac-
tères de chaque catégorie.
CLASSIFICATION DE BRONGNIART
i° Terres cuites; 2° poteries communes vernissées-,
3° faïences communes; 40 faïences fines; 5° grès cérames;
6° porcelaine dure ; 70 porcelaine tendre.
LA SILICE ET SES COMPOSÉS
La silice est la partie essentielle de tous les produits
céramiques. Unie à une base, soude ou potasse, elle de-
vient un silicate; mélangée aux oxydes métalliques, elle
nous donnera de brillantes couleurs ; et de ses différentes
combinaisons sortiront non seulement les sept classes de
produits cités plus haut, mais encore tous les verres et
cristaux. On trouve la silice à tous les étages comme
à toutes les époques géologiques; son abondance est telle
qu'au siècle dernier, alors qu'il était de mode de chercher
des « systèmes de la nature », un de ces systèmes, dont
j'ai oublié le nom de l'auteur, partait de ce principe que
la terre avait été primitivement un globe de verre. La
silice pure est le cristal de roche ; un silicate alcalin et un
silicate terreux forment le verre et en y ajoutant de l'oxyde
de plomb on obtient le cristal.
Nous allons maintenant étudier d'une façon brève les
sept classes de produits que nous aurons ensuite à ré-
parer; nous aurons même certains fragments à refaire
entièrement, et nous les imiterons d'autant plus facilement
que nous en connaîtrons mieux la composition.
LES TERRES CUITES
L'argile plastique, douce à travailler, obéissant admi-
rablement à la main de l'artiste ou au calibre du potier,
acceptant tous les mélanges : les sables quartzeux qui lui
apportent un excédent de silice, ou les scories, les débris
de sa propre matière déjà cuite, qui la rendent plus réfrac-
taire, se prête à tous les usages depuis les plus vulgaires,
jusqu'aux conceptions les plus artistiques; elle reçoit et
s'adapte facilement toutes les glaçures, tous les émaux,
toutes les couleurs. Aucune date précise ne peut être assi-
gnée à sa découverte; sur elle s'exercèrent les premiers
efforts intellectuels de l'homme ; du parti qu'il sut en
tirer, nous jugeons aujourd'hui à quel degré de civili-
sation étaient parvenus les peuples disparus, et par l'ar-
gile indestructible, nous remontons le cours des siècles
pour suivre la lente et pénible évolution de Inhumanité.
Par les dessins et la gravure des débris de poteries,
par leurs formes aussi, nous retrouvons les mœurs, les
coutumes, la flore et la faune de ces époques loin-
taines ; par l'étude et la comparaison des pièces retrou-
vées sur tous les points du globe, un savant parviendra
peut-être un jour à éclairer la nuit qui enveloppe l'ori-
gine de l'homme.
Aux riches, la pierre, le marbre, le bronze ; mais
nous, fils de paysans, nous aimons l'argile parce que nos
pères ont vécu entre des murs de briques, sous un toit
de tuiles rouges, rayonnant au soleil, parce que notre
première soupe a mijoté dans la marmite de terre, que
nos repas s'égayaient ensuite des notes joyeuses de l'ar-
gile émaillée et décorée, des faïences campagnardes qui
s'étageaient sur le dressoir pour éclairer la chaumière,
parce que dans l'argile, les grands parents ont bu leur
dernière bolée de tisane avant d'aller reposer dans la
terre grasse et lourde, dans l'argile hospitalière du cime-
tière, arrosée de tant de larmes, où nous trouverons un
jour la fin de toutes peines dans l'éternel somn||il.
Mais nous aimons surtout l'argile parce qu'elle nous
transmet intacte l'idée de l'artiste avec toutes les finesses
du travail, les minuties des détails, les coups de chic
du pouce ou de l'ébauchoir, et parce qu'elle fournit les
modèles pour le marbre, la pierre, le bronze.
Ce qui la distingue, c'est qu'elle reste mate, telle qu'elle
sort du feu, sans addition d'émail ou couverte ver-
nissée.
Telles sont les plus anciennes poteries, les terres
cuites proprement dites, qui, par la suite, recevront quel-
ques ornements au pinceau, très simples, en noir ou brun,
également mats ; parfois une gravure en creux à la pointe
de l'ébauchoir.
Les terres cuites de nos jours, sont ou surmoulées eu
originales. Dans le premier cas, elles sont creuses et
légères ; dans le second, elles sont pleines et lourdes.
Ces dernières ont naturellement une valeur bien supé-
rieure, puisque chaque modèle est unique et qu'il con-
serve, comme nous le disons plus haut, toutes les
finesses du moaelé.
Les terres dites de commerce sont moulées par par-
ties séparées, qui sont ensuite remontées et soudées avec
de la terre délayée, appelée barbotine ; les coutures des
moules enlevées, quelques finesses retouchées à l'ébau-
choir, enfin cuites après entière dessiccation.
On comprend que la valeur d'un surmoulage doit varier
selon le soin apporté aux différentes phases du travail, et
qu'une pièce éditée, montée et retouchée par l'artiste
même, a presque la valeur de l'original.
Les terres cuites nous conduiront ainsi jusqu'à la
seconde classe, dite des terres vernissées, qui marque
un très grand progrès : l'invention du vernis vitri-
fiable.
LES TERRES CUITES DÉCORÉES
Quoique le caractère distinctif de la terre cuite soit
f l'absence de décor en couleur, il faut admettre, cepen-
dant, qu'en fait, les classifications n'ont rien d'absolu et
offrent toujours des genres intermédiaires.
Il n'est donc pas rare de rencontrer des terres cuites
d'origine italienne ou espagnole entièrement décorées,
souvent sur un fond d'or, principalement quand elles
datent du siècle dernier*, d'autres, plus récentes, présen-
' tent les types pittoresques des gens du peuple et mar-
chands ambulants, entièrement peintes.
Ces peintures peuvent se faire avec des couleurs pré-
parées au lait, à la colle, à la gouache, à l'huile ; ou ce
qui est préférable, avec des couleurs vitrifiables. On
obtient alors un objet d'art mi-partie faïence et terre-
cuite d'un brillant effet.
Nous en avons réussi une pièce de dimensions moyen-
nes, qui, je dois l'avouer, n'a pas obtenu le succès que
nous en attendions auprès des commissionnaires et mar
chands intermédiaires, effrayés de toute nouveauté.
« Nos clients, dirent-ils, ne sont pas habitués à ce genre,
et nous n'osons vous faire de commande. »
La tentative mériterait d'être reprise et soumise au
public qui, somme toute, juge en dernier ressort. Pour
moi, je crois à l'avenir de la polychromie en architecture
et en sculpture. Dans nos climats tempérés, humides et
gris, l'œil a besoin, pour s'égayer, des gammes joyeuses
de la couleur; le succès de nos faïences éclairant de notes
franches nos salles à manger si sombres, prouve que, dans
cette voie, on peut oser, et que le règne du noir et du gris
est appelé à prendre fin. Nous reviendrons, du reste, sur
ce sujet, quand nous traiterons de la céramique et de
son rôle dans les arts et l'industrie.
POTERIE COMMUNE VERNISSÉE
Cette série comprend, comme son nom l'indique, toutes
les terres recouvertes d'un glacis transparent, simple
couche mince de verre assurant l'imperméabilité de
l'objet et le rendant propre à tous les usages.
Elle fournit pendant des siècles, aux classes pauvres,
leurs batteries de cuisine et leurs services de table. De
nos jours, la ménagère avisée croit encore, avec raison,
que l'ancienne marmite, dite pot-au-feu, est supérieure
à toute autre, posée sur du charbon de bois, pour pré-
parer cet excellent mets national qui lui emprunte son
nom, et dont la seule odeur évoque de doux tableaux
d'assemblées familiales, aux jours du repos dominical et
des fêtes carillonnées.
Cette deuxième classe de poteries, très importante au
point de vue industriel et commercial, est fabriquée avec
de l'argile mélangée de sable et de débris des poteries
déjà cuites et pulvérisées afin de rendre la terre plus
réfractaire, c'est-à-dire offrant moins de danger de défor-
mation par suite du retrait qu'elle subit pendant la
cuisson.
La composition de ces poteries varie, du reste, avec
chaque fabrique, généralement érigée à proximité des
terrains contenant les matériaux nécessaires à cette in-
dustrie.
POTERIE ARTISTIQUE VERNISSÉE
Ce genre, plus spécialement affecté aux usages domes-
tiques, serait d'intérêt artistique nul s'il ne comprenait
aussi les vases grecs, étrusques de la deuxième et troi-
sième période, c'est-à-dire ceux portant des ornements
noirs brillants sur fonds ocre jaune ou rouge et ceux dé-
corés en rouge jaune et blanc sur fonds noirs.
L'intérêt artistique et archéologique que présente ce
genre de poterie que la classification assimile à la vulgaire
marmite, est tel qu'il faudrait lui consacrer un volume
afin de recueillir les renseignements utiles, tant au point
de vue technique de la fabrication que pour les docu-
ments relatifs à l'ethnographie.
Ce travail a dû tenter plus d'un savant et des traités
spéciaux de céramographie existent certainement. Bor-
nons-nous à classer succinctement ces magnifiques po-
teries.
Après les terres cuites simples des chapitres précédents,
nous trouvons la poterie polie, vernissée.
L'émail noir, posé à l'intérieur et à l'extérieur, traverse
presque l'épaisseur de la terre, ainsi qu'on peut le vérifier
sur des fragments.
Les dessins sont d'un noir brillant sur fond de terre
ocre jaune ou brun rouge, où ils sont réservés sur un
fond noir brillant, les contours et détails gravés à la
pointe, avec rehauts cle blanc, de rouge et de violacé.
Ce genre date de quatre à cinq siècles avant notre ère.
Viennent ensuite les poteries ornées de figurines en
relief.
Les rhytons, vases à deux têtes et figurines en haut
relief et ronde bosse, et enfin les vases noirs à ornements
blancs et rouges fabriqués en Etrurie.
— 10 —
Parmi les vases à fond noir de la seconde période, iî
s'en trouve dont la couverte n'est pas vitrifiée et qui a été
obtenue par une couche légère de bitume dissous dans du
naphte, posée et polie après cuisson.
faïences communes stanifères
Nous maintenons ce qualificatif par respect pour la
classification de M. Brongniart que nous avons adoptée ;
bien qu'à notre sens ce troisième genre renferme la
faïence proprement dite, c'est-à-dire une terre argileuser
de formules variées, recouverte d'un émail opaque blanc,
stanifère; cet émail, destiné à recevoir une décoration en
couleur dite « au grand feu », en fait la seule faïence
vraiment artistique, la faïence par excellence. L'émail est
composé des inévitables silicates auxquels on joint de
l'oxyde d'étain, d'où son nom de stanifère.
On remarquera que nous nommons vernis ou glaçure
une couverte transparente, verre mince laissant voir la
couleur des dessous; et émail, un composé opaque res-
tant blanc, quel que soit le corps sur lequel on le pose.
Cet émail mérite une courte étude spéciale pour le
grand rôle qu'il a joué dans la céramique.
Il est certain que nos aïeux, les Gaulois, le connais-
saient, car on le trouve sur les cuivres émaillés ou émaux
champlevés dont nous nous occuperons plus tard. Perdu,
il fut retrouvé et perfectionné par Lucca délia Robia au
xve siècle. Ignoré ensuite, du moins, en France, il fut
l'objet d'incessantes recherches de la part de Bernard de
Palissy, et la cause de bien des tribulations dont il a fait
le récit dans le style naïf et charmant de son époque.
S'il n'atteignit pas le résultat tant désiré et n'obtint
qu'un émail blanc jaunâtre, ses travaux furent néanmoins
— II —
le point de départ de la renaissance de la céramique en
France, et, dès la fin du xvne siècle, on voit des fabriques
s'édifier à Nevers, à Beauvais, à Rouen, à Moustiers, à
Marseille, etc..
Les faïences stanifères reçoivent une décoration dite au
grand feu, c'est-à-dire que les couleurs sont posées sur
l'émail cru, puis cuisent ensemble au même degré de
chaleur.
On trempe les formes déjà cuites dans l'émail en
poudre délayé dans de la bière qui suffit, en plus de la
porosité de la terre, à le faire adhérer et à lui donner une
dureté suffisante pour résister au pinceau.
A la cuisson l'émail se vitrifie, se ramollit et, presque
liquéfié, laisse pénétrer les couleurs dans toute son épais-
seur. — Cette décoration est inusable, sa durée n'est limi-
tée que parla durée de l'objet même et son aspect offre
des contours un peu fondus, moins secs que ceux des
couleurs posées sur émail cuit. Les nuances semblent
plus profondes, plus uniformément brillantes, et c'est là
une caractéristique de cette faïence.
L'inconvénient est que toutes les couleurs ne résistent
pas à ces hautes températures, et que, par suite, la richesse
de la palette « au grand feu » est limitée.
Les carmins, les pourpres, ainsi que le vermillon, qu'en
céramique on nomme chair et capucine, surtout ces deux
dernières, très délicates, ne supporteraient pas, à une très
haute température, le contact de l'émail cru sans être
profondément altérées ou sans disparaître dans une com-
binaison chimique. C'est pourquoi on ne les trouve pas
dans nos faïences françaises, sauf à Rouen, où l'on em-
ployait une sorte de brun rouge presque toujours grésillé
et rugueux au toucher.
Aussi, quand vous verrez ces couleurs sur des faïences
ou des porcelaines grand feu, soyez assurés qu'elles ont
été posées après coup sur l'émail cuit, avec un second
— 12 —
feu plus doux qu'on nomme feu de moufle ou de couleurs
ordinaires \ il en est de même pour l'or.
Facilement on peut s'en assurer, comme je l'ai fait, en
touchant, si peu que ce soit, un rouge chair avec l'acide
fluorhydrique sur une porcelaine japonnaise. Le rouge
disparaît immédiatement, mais le bleu voisin résiste,
et pour l'enlever il faudrait aller jusqu'à la pâte elle-
même.
Le bleu (oxyde de cobalt) est la couleur « grand feu »
par excellence, la plus usitée en céramique, celle qui ré-
siste le mieux et qu'on retrouve à toutes les époques de
la majolique ou de la porcelaine, en Italie, en France, en
Hollande, comme en Chine et au Japon. Le jaune (oxyde
de chrome) qui, mélangé avec le bleu, donne les nuances
vertes, puis l'oxyde de fer et le manganèse qui donnent
les bruns, forment à peu près l'ensemble de la palette
« grand feu ».
Si donc cette faïence a servi de vaisselle h nos ancêtres,
a été employée à des usages communs auxquels ses qua-
lités semblaient la destiner, sa composition argileuse la
faisant réfractaire, son émail épais et ses couleurs inusa-
bles résistant à l'acier du couteau, il n'est pas moins vrai
qu'elle a servi à produire également des œuvres de très
haute valeur artistique, et qu'elle restera, au point de vue
décoratif, supérieure à la porcelaine dure que M. Bron-
gniart, dans son enthousiasme, a nommé la merveille de
la céramique. Peut-être pourrait-on, en sJinclinant devant
ses connaissances scientifiques, lui reprocher d'avoir, en
qualifiant ces faïences de « communes ordinaires », obéi
à quelque préjugé de chimiste et de directeur d'une
manufacture nationale de porcelaine ?
— M —
BARBOTINE
A cette classe nous devons ajouter la barbotine, qui offre
les mêmes caractères.
C'est une terre argileuse dont les formes peuvent être
embellies de fleurs ou d'ornements modelés à l'ébauchoir ;
ce qui fait de chaque objet une pièce originale dont la
valeur artistique n'est limitée que par le degré de talent
du modeleur.
La terre est ensuite recouverte de couleurs mates qui
demandent une glaçure, et dans ce cas il faut trois feux:
un pour la terre, un pour les couleurs et un pour la gla-
çure. On peut supprimer un feu en se servant d'émaux
colorés brillants.
La barbotine eut un moment de très grande vogue; la
mode jouant, hélas, un rôle important dans les ques-
tions d'art, là où, justement, elle devrait ne jamais inter-
venir.
Tous les potiers fabriquèrent des pièces de plus en plus
hâtives; les amateurs firent de même ; en peu de temps
la place fut encombrée de productions dans lesquelles
l'art pur n'était jamais entré, et ce genre de céramique,
pourtant si intéressant, périt par l'excès même de son
succès, tué par le bon marché à outrance. Je recom-
mande la barbotine aux personnes qui voudraient em-
ployer leurs loisirs d'une façon intelligente en produisant
des pièces très décoratives à peu de frais et pour lesquelles
quelques leçons peuvent suffire
(i) Pour plus de détails, consulter ma précédente brochure spéciale
intitulée : « La Barbotine ». Chez le même éditeur, (o fr. 50).
— 14 —
FAÏENCES fines
Les faïences fines sont des pâtes blanches composées
d'argiles et de silex, le silex calciné ayant la propriété
de décolorer l'argile, qui est choisie parmi les moins
teintées. On peut y joindre de la craie ou carbonate de
chaux, du sulfate de baryte, de la magnésie et du kaolin,
•des marnes blanches, tout ce qui est blanc et réfractaire
dans des proportions définies.
La couverte est un vernis transparent, durci par un
mélange de feldspath. Le décor peut être posé sous la
couverte, ce qui rend ces faïences très propres aux usages
journaliers. Elles sont généralement décorées par im-
pression, ce qui les assimile aux papiers peints de ten-
tures et leur enlève tout intérêt artistique.
C'est le contraire des faïences stanifères qui sont tou-
jours peintes à la main.
TERRES A ENGOBE
Quand, sur une forme crue de terre, faïence fine ou
kaolin, d'une couleur quelconque, on dépose par immer-
sion ou application une couche de même matière teintée
différemment et que, par un travail d'ornementation en
creux, on découvre la nuance inférieure, on obtient des
pièces dites à engobe. J'ai lu que les faïences d'Oiron
étaient de ce genre- mais si je m'en rapporte à l'examen
que j'ai pu faire de la pièce exposée au musée de Cluny,
à travers la glace de la vitrine, je croirais plutôt à des or-
nements creusés dans la pâte et remplis ensuite d'un
email coloré vitrifié; néanmoins Pengobe peut exister sur
d'autres spécimens de cette rarissime faïence Henri II.
Lorsque le décor en couleur est posé directement sur
terre ou kaolin cru et verni ensuite, on obtient un sous-
émail très brillant mais n'offrant que des à-plats. Au con-
traire, si on peint sur une couverte ou un émail déjà cuit,
on peut fondre, mélanger et putoiser les teintes, la cou-
verte qu'on posera ensuite par-dessus formera un second
genre d'engobe transparent destiné à donner plus d'éclat
et à protéger le décor.
FAÏENCES FINES A ENGOBE
On peut produire des faïences fines très artistiques et
d'un éclat même supérieur aux faïences stanifères par le
procédé de Tengobe . Après avoir peint et décoré la
pièce au feu de moufle ordinaire, on l'enduit d'un second
vernis à base d'oxyde de plomb, qui en fait un réel cris-
tal, et on lui fait subir un dernier feu de basse tempéra-
ture, nommé feu de cristal.
La meilleure engobe serait ce cristal supérieur, très
fusible, qu'on nomme flint-glass, dont on se sert pour
l'optique. Les déchets pilés et broyés, auxquels on pourrait
ajouter un fondant de borax pour abaisser encore le degré
de fusion, donneraient d'excellents résultats et je pourrais
presque affirmer que c'est là le secret des magnifiques
faïences de M. Deck.
Ce procédé est parfait pour les décors, les ornements,
les compositions de fleurs et oiseaux. On pourrait agrémen-
ter les formes de gravures ou delégers reliefs, on peut cloi-
sonner avec du manganèse ou faire des applications de ter-
res sur terre ; il n'ad'inconvénient que pour les figures et rend
— 16 —
le portrait impossible. Il faudrait, pour ce genre, employer
les couleurs chair et capucine qui résistent mal au feu
ordinaire et pas du tout sous la glaçure ; c'est pourquoi,
dans les faïences de Deck, les figures paraissent lavées, les
demi-teintes fondues et disparues en partie et l'aspect
général d'une couleur plutôt conventionnelle. La peinture
ne se sauve que par la perfection du "dessin et le brillant
profond de l'engobe.
GRÈS CÉRAMES
Les grès cérames sont composés d'argiles auxquelles on
ajoute du silex, du kaolin ou du feldspath, afin de les
durcir et d'éviter la porosité.
De même que les autres classes de production céra-
mique, les grès se divisent en deux genres principaux :
les grès communs pour l'usage, et les grès artistiques
qui offrent de nombreuses variétés de compositions, de
couleurs et de décors.
Le vulgaire pot à beurre des campagnes, les cruchons
à bière ou à liqueurs, les tuyaux servant de conduites
pour les eaux, sont des types de grès communs.
Les tonnelets, les petites fontaines, les canettes sont
les spécimens les plus répandus des grès fins allemands,
hollandais et suisses, auxquels nous ajouterons les sta-
tuettes chinoises.
Les pièces anciennes de la renaissance et anté-
rieures ont une très grande valeur, méritée par la richesse
et la finesse de leurs ornements ; elles sont généralement
à fond mat, légèrement vitreux, d'un gris qui varie du
jaunâtre au brun ; embellies d'ornements et de figures en
relief et décorées d'émaux brillants ou le bleu domine,
— 17 —
Les modernes ont conservé les mêmes caractères avec
moins de fini et de recherche dans l'ornementation.
Elles doivent le vernis mince spécial qui les recouvre au
sel marin (chlorure de sodium) qu'on projette dans le
foyer pendant leur cuisson, qui s'opère à feu libre. Le sel,
au contact de l'argile, à une très haute température, se
transforme en silicate de soude, se vitrifie et économise
ainsi la main-d'œuvre et le second feu nécessaires pour
le vernissage des poteries.
Les canettes à boire la bière paraissent avoir été en
usage surtout dans le nord de l'Europe. En Angleterre,
on se sert de cristal ou de pewters en étain, néanmoins
il existe une fabrique de grès cérames fins à Lambeth,
sur les bords de la Tamise, ainsi qu'en France, en
Suisse, etc.
faïences a reflets métalliques
Les premiers reflets métalliques, ainsi que les premiers
craquelés, sont certainement dus à un hasard heureux.
Dans un moufle cuisant les couleurs, on peut, à volonté,
produire deux sortes d'atmosphères différentes : l'athmos-
phère oxydante et l'athmosphère réductive. La première
s'obtient avec un apport d'oxygène • la seconde avec de
l'acide carbonique.
Par un hasard de cuisson, par un accident dans les
parois ou en introduisant dans le moufle, à un moment
donné, des produits chimiques produisant à une haute
température des gaz capables d'agir ou de se combiner
avec les éléments contenus dans les couvertes ou les cou-
leurs, on peut obtenir des reflets franchement métalliques,
tels que ceux des poteries hispano-mauresques, des reflets
irisés plus doux, comme ceux desfaïences de Gubbio, des
2
— 18 —
flammés d'Avignon ou des flammés grands feux des Chi-
nois ; cela d'autant plus facilement que couvertes et cou-
leurs contiennent toutes des oxydes métalliques.
Par empirisme ou scientifiquement on pourrait certai-
nement trouver des effets nouveaux et imprévus.
Les faïences hispano-mauresques datent du xive siècle
environ et furent fabriquées dans le sud de l'Espagne,
principalement à Malaga et dans l'île Majorque d'où, on
suppose, est dérivé le mot Majolique ou Majolica.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES FAÏENCES FRANÇAISES
Il est certain que les splendides productions des céra-
mistes italiens de la Renaissance furent la cause de la
rénovation des arts céramiques en France 5 nos premières
fabriques furent édifiées par ou pour des artistes italiens
et leur production en a gardé pendant quelque temps le
caractère spécial .
L'influence, néanmoins, fut de courte durée, nos maî-
tres potiers se ressaisirent et nos faïences prirent bientôt
un caractère national; trop nombreuses furent les faïen-
ceries pour les énumérer toutes, car, autour de la maî-
tresse manufacture, des transfuges ou des mécontents en
créèrent d'autres, ayant les mêmes caractères et em-
ployant les mêmes matériaux, mais on peut classer nos
produits par régions et chercher à définir la caractéris-
tique de chacune.
Moustiers, Varages, etc. : argile fine, gris-jaunâtre, mince,
émail fin, bien glacé, de couleur un peu saumonée, des-
sins Régence à lambrequins et cariatides d'un bleu doux
fondu, compositions grotesques, genre Callot, en vert
— i9 —
ou brun-jaune, guirlandes de petites fleurettes et médail-
lons polychromes : bleu, vert, brun-rouge et violet de fer
foncé.
Marseille : paysages à personnages polychromes, avec la
préoccupation évidente de trouver des mélanges de teintes
rompues indispensables à ce genre de peinture. Fleurs
camaïeux d'un beau vert émail gras, parfois décor où le
carmin domine comme à Strasbourg, mais avec quelque
chose de plus fin, de plus léger dans le cerné et dans les
formes. Quelques fonds jaune d'argent avec médaillons 5
fonds bleus, noirs ou bruns ; enfin, à signaler les fleurs,
oiseaux, fruits, légumes en haut relief ou en ronde bosse,
parfois quelques filets d'or.
Nevers, première période : influence italienne dans les
formes et les couleurs; vases, buires style Renaissance.
Les couleurs jaune et brun-jaune " dominent, puis les
formes et le décor deviennent français. Camaïeux bleus,
cernés brun, médaillons, paysages, maisonnettes, en-
fants,' etc. Fonds bleu intense et rinceaux par-dessus
en blanc fixe ; émail portant sa glaçure ou en brun-jaune
opaque ; absence de brun-rouge.
Rouen : terre forte, émail épais, verdàtre, décor camaïeu
bleu, style rayonnant, très riche et toujours léger sans
mièvrerie ; médaillons et guirlandes polychromes : bleu,
vert, jaune, brun-jaune et brun-rouge; cette dernière cou-
leur rarement glacée et souvent grésillée, sensible au tou-
cher, caractérise la faïence de Rouen.
Sinceny: mêmes caractères que le Rouen.
Lille: les camaïeux bleus dominent; les dessins parais-
sent souvent copiés sur ceux de Rouen.
Ces deux dernières fabriques ont sûrement employé des
artistes de la grande manufacture normande.
Strasbourg et Lorraine : formes rocailles, souvent ajou-
rées, statuettes, fleurs, fruits en ronde bosse, terre de
pipe ou de Lorraine. La couleur rose domine; c'est un
carmin émail donnant un léger relief au toucher : bou-
— 20 —
quets de fleurs et principalement de roses, de tulipes et
d'œillets.
Sceaux : décors Louis XV et Louis XVI, polychromes :
jaune, bleu, carmin, capucine et filets d'or, exécution fine
et soignée, formes légères.
Paris, Pont-aux-Choux : faïence fine, blanche, générale-
ment sans décor, mais soigneusement retouchée dans
la pâte avant l'émail et la cuisson.
Imitations dans d'autres fabriques de Belleville et Mé-
nilmontant des faïences renommées de l'époque.
En résumé, on pourrait se borner, comme désignation
générale, aux trois régions du Midi, Ouest et Est. Toutes
les autres fabriques s'étant inspirées du grand centre de
production dont elles étaient le plus rapprochées, sont,
pour cette raison, moins estimées, mais ont néanmoins
fourni de très honorables travaux.
PORCELAINE DURE OU CHINOISE
La porcelaine dure est composée de feldspath et de
kaolin. Le feldspath est composé de silice, d'alumine et
de potasse.
Le kaolin est un feldspath décomposé d'où la potasse
a disparu et où la proportion de silice est moindre. De
leur mélange résulte une argile très pure, qui, à une très
haute température, se vitrifie en partie et devient trans-
lucide. Le feldspath donne la couverte.
Le kaolin a le défaut de n'être pas plastique, c'est-à-
dire de ne pouvoir être modelé par la main et l'ébauchoir
comme le sont les argiles communes.
On le travaille par les procédés du tournassage, de
l'estampage, du coulage ou du moulage. •
21
Le tournassage s'opère, comme pour les poteries ordi-
naires, sur le tour du potier.
Un tour est composé de deux tables rondes reliées par
un axe. La pièce se place sur le plateau supérieur qui est
actionné par le plateau inférieur que fait tourner le pied
du potier. Ce travail exige une longue habitude et une
grande dextérité afin d'éviter à la cuisson la déformation
que l'on nomme « le vissage » et dont le nom indique la
nature.
Le kaolin est meilleur à l'emploi lorsqu'il a longtemps
« pourri » dans une cave (ce mot pourri n'est ici qu'un
terme professionnel) et il paraît qu'en Chine on se
transmet de père en fils des kaolins qui s'améliorent ainsi
depuis près d'un siècle. Les déchets du tournassage ont
aussi la propriété de rendre la pâte moins sensible.
Nous ne pouvons donner ici tous les détails relatifs à
la fabrication de la porcelaine dure, ils sont classés dans
des ouvrages spéciaux. Nous dirons donc brièvement que
les pièces qui ne sont pas tournassées sont obtenues au
moyen de moules en plâtre dans lesquels on presse le
kaolin ayant la consistance de la pâte de boulanger, ou
très diluée, selon les formes qu'on veut obtenir.
Le plâtre absorbe l'eau et la pièce se détache ensuite
d'elle-même par le retrait que lui fait subir la dessiccation.
On obtient un dépôt plus uniforme en le favorisant par
la pression de l'air à l'intérieur, ou au contraire, en fai-
sant le vide en dehors du moule avec une machine pneu-
matique.
Les parties accessoires telles que boutons, anses, sont
posées ensuite et moulées séparément.
Puis la pièce terminée subit une demi-cuisson nom-
mée « dégourdi » qui la laisse poreuse et apte, par cela
même, à recevoir la couverte en poudre qui s'attachera à
sa surface.
Un second feu beaucoup plus élevé cuira alors ensemble
porcelaine et .couverte qui formeront un tout homogène.
— 22 —
On peint sur porcelaine avec les mêmes couleurs que
sur les faïences à couvertes cuites et par les mêmes pro-
cédés.
Les couleurs vitrifiables sont des oxydes métalliques
unis à des silicates et à des fondants composés de borax,
minium, silex, car il est nécessaire que leur fusion s'opère
à un feu moindre que celui de la couverte.
Le manganèse, le fer, le plomb, le cuivre, le chrome,
l'antimoine, fournissent par leurs oxydes les principales
couleurs. Le cobalt donne le bleu d'un usage si répandu
et l'or fournit les pourpres. Ces couleurs sont livrées en
poudre surbroyées par les chimistes • il suffît ensuite de
quelques tours de molettes sur un verre dépoli pour les
malaxer avec l'essence qui doit servir à les étendre.
On se sert d'essence de térébenthine rectifiée que nous
appelons « maigre » et de la même essence très con-
centrée qu'on nomme « essence grasse ».
On peut donner un peu plus de fluidité à la couleur
par l'addition d'une goutte ou deux d'essence de lavande.
Un habile chimiste, M. Lacroix1, nous livre les cou-
leurs vitrifiables toutes prêtes, enfermées dans des tubes
d'étain et nous évite ainsi (surtout pour les amateurs qui
n'en font pas un usage constant), un ennui et une perte
de temps. Nos couleurs s'étendent difficilement - les fonds
unis se posent en tapotant aveeun pinceau spécial nommé
« putois ».
Les Chinois décorent généralement leur porcelaine au
grand feu, le bleu domine alors, et le plus souvent il est
seul employé. Ce procédé évite la sécheresse des contours
et donne au décor un brillant plus intense. Ils l'ornent
aussi d'émaux épais, d'un relief sensible, tendres, très
fusibles, se rayant facilement sous l'acier d'un couteau,
impropres par conséquent au service, mais dont l'éclat et
(i) Nous profitons avec plaisir de la circonstance pour adresser tous
nos compliments au nouveau légionnaire.
l'harmonie d'ensemble sont absolument admirables : telles
sont les porcelaines vieux-chine. Il est à remarquer que
la porcelaine orientale est moins blanche que la nôtre ;
elle est légèrement teintée de gris verdàtre ainsi que nous
pourrons nous en assurer lorsque nous aurons à la ré-
parer. Cela vient-il d'une cause naturelle ? et cette colo-
ration est-elle inhérente aux kaolins de ces contrées ou
est-ce une altération voulue ? Peut-être pensent-ils qu'un
fond implacablement blanc n'est pas une condition indis-
pensable à la production de beaux et harmonieux décors,
et s'il en est ainsi , nous partageons leur opinion à cet
égard.
Nos couleurs vitrifiables, convenablement employées et
mélangées, en tenant compte de leurs affinités, se com-
portent bien au feu de mouffle, sans éprouver de grands
changements • il faut les soutenir davantage sur faïence
fine et davantage encore sur faïence stanifère cuite.
A côté de ses belles qualités, la porcelaine (se prêtant
admirablement à toutes les finesses de décor et de pein-
ture), a malheureusement te défaut de n'être pas plas-
tique et d'exiger le procédé du moulage pour la production
des statuettes, c'est-à-dire de ne fournir jamais dans ce
genre d'œuvres originales.
Ce défaut était atténué dans l'ancienne manufacture de
Saxe, alors que de grands artistes ne croyaient pas dé-
roger en faisant eux-mêmes ou en faisant faire sous leur
surveillance immédiate, le montage et la retouche des
différentes parties d'un groupe. Aujourd'hui, l'économie
étant devenue un idéal, si parfois on confie l'exécution du
modèle à un artiste, le reste du travail est donné à des
jeunes gens, apprentis modeleurs, qui, irrévérencieuse-
ment, appellent cela « gratter des navets ».
Le kaolin sera donc toujours délaissé par l'artiste mode-
leur qui exige, avec raison, que l'argile qu'il pétrit obéisse
sous son pouce ou son ébauchoir à la pensée qu'il veut
rendre visible et tangible, et que son œuvre conserve
— 24 —
intactes les finesses ou les hardiesses du modelé qui
équivalent à la « touche » de l'artiste peintre.
Il serait sans intérêt d'entrer ici dans de minutieuses
explications sur les travaux de notre manufacture natio-
nale. Aucune description ne valant une visite à nos mu-
sées ou une promenade à Sèvres.
DÉCOUVERTE DU KAOLIN EN EUROPE
Nous devons une mention spéciale à la manufacture du
château de Meissen (Saxe), car c'est là que fut fabriquée
la première porcelaine dure en Europe.
Il paraît que c'est en cherchant la pierre philosophale
que Bottïcher découvrit le kaolin, dont un gisement se
trouvait à proximité. Cette découverte valait mieux
qu'une mine d'or, et les délicieuses statuettes de vieux
Saxe ne lasseront jamais l'admiration du véritable ama-
teur.
Les premières pièces furent fabriquées environ en 1709,
mais dès la seconde moitié du xvine siècle, malgré les
plus grandes précautions, le secret franchit les murs du
château et des fabriques concurrentes s'établirent un peu
partout, en Allemagne, en Autriche et en Angleterre.
Toutes pastichèrent sans approcher de la perfection ;
la manufacture saxonne qui, du premier effort, avait
atteint son apogée et devait dès les premières années du
xixe siècle entrer dans une période de décadence, sous
la direction de Marcolini.
La marque commerciale du Vieux-Saxe à deux épées
en croix de Saint-André, est une de celles qu'on a le plus
cherché à imiter, avec de très légères modifications, qui
permettent d'échapper à la loi sur les marques de fa-
— 25 -
briques. La marque est donc le dernier détail à consulter
pour reconnaître une pièce authentique, et nous allons
indiquer quelques particularités qui pourront aider l'ama-
teur à découvrir la fraude.
On doit juger d'abord la finesse du modelé et celle
de la décoration ; la glaçure doit être épaisse et lisse au
toucher, le terrain, les troncs d'arbres et les accessoires
qui servent de soutien aux figurines doivent être blancs,
rehaussés d'or. On était à cette époque trop fier du blanc
parfait de la porcelaine dure, pour n'en pas laisser voir
le plus possible : un tronc brun, un terrain vert décèlent
toujours une imitation. Les cheveux et les sourcils doi-
vent être tracés, Un par un, avec un pinceau très fin : dans
les pastiches on obtient à peu près le même effet en po-
sant une teinte générale sur le crâne, qu'on raye ensuite
avec la pointe d'un canif; de là une très grande économie
de temps. L'œil bleu est moderne -, le décor des vête-
ments ou des draperies varie à l'infini, mais on retrouve
très souvent un groupe de trois ou de quatre fleurettes
reliées par des branches garnies de feuilles. Les fleurs et
Ls feuilles sont cernées et les branches tracées avec une
couleur pourpre. Les fleurettes sont carmin, bleu, jaune
et capucine en deux nuances (le capucine étant une cou-
leur très délicate, est la seule qui soit cernée avec sa
propre couleur plus foncée). Je n'ai jamais vu ce détail,
presque imperceptible, observé sur une imitation. Le
vert ancien est très beau, épais comme un émail ; le vert
moderne est un glacis mince. Enfin les dentelles devant
lesquelles on s'extasie sont d'invention relativement ré-
cente et n'ont rien d'artistique : c'est simplement ingé-
nieux.
On les obtient facilement en trempant dans une bouillie
claire de kaolin et de feldspath de petites dentelles de fil
ou de coton et en les appliquant humides sur les vêtements
dont elles suivent aisément les contours. Le feu les vola-
tilise et il reste une dentelle de porcelaine d'un aspect
— 26 —
surprenant d'exactitude. Il convient d'ajouter que la ma-
nufacture actuelle de Saxe a depuis quelque temps re-
touché ses anciens moules, soigné davantage sa décoration
et tâché de se rapprocher des belles productions du xvrii®
siècle sans parvenir ni chercher, je suppose, à tromper le
connaisseur.
Les anciennes productions des fabriques de Berlin,
Vienne, Chelsea, Worcester, etc., n'étant que des imi-
tations plus ou moins heureuses de Sèvres et de Saxe, ne
peuvent être que mentionnées.
Weedgrood, en Angleterre, et la manufacture de Capo
di Monte en Italie, transportée ensuite en Espagne, au
château du Buen-Retiro, fabriquèrent des œuvres origi-
nales, chacun dans un genre différent, et qu'on trouve
aujourd'hui rarement dans le commerce.
Weedgwood, célèbre céramiste anglais commença à
produire dans la seconde moitié du xviii6 siècle. C'est à
lui que l'on doit la découverte des propriétés décolorantes
du silex mélangé à l'argile. Ses productions qui, en An-
gleterre, portent le nom de porcelaine, sont plutôt des grès
cérames blancs dont il a créé plusieurs types qui obtinrent
dans son pays un succès immense très mérité 5 ses pièces
de services à fond crème, parfois décorées par impression,
furent employées à la cour et assurèrent sa réputation -,
mais en France il est surtout connu pour ses magnifiques
camées, médailles et bas-reliefs blancs sur fonds bleus
d'un dessin très pur et d'une finesse admirable. Car à
cette époque les artistes n'avaient nul dédain pour la céra-
mique et Flaxman, le grand peintre sculpteur anglais, lui
prêta souvent son concours. Il existe de ce genre de
nombreuses imitations répandues dans le commerce et
qui ne peuvent donner qu'une vague idée de la perfection
des originaux Ceci est, du reste, de règle générale.
Le roi de Naples Charles III fonda en 1736 une manu-
facture de porcelaine dure à Capo di Monte. Appelé plus
tard sur le trône d'Espagne, il installa à Madrid ses
— 27 —
meilleurs ouvriers et la nouvelle fabrique prit le nom de
Buen-Retiro. Ses pièces sont caractérisées par une orne-
mentation très artistique, en bas-reliefs, rinceaux, fleurs,
fruits ou scènes mythologiques, décorées par un poin-
tillé extrêmement fin, qui, à l'œil nu, donne l'illusion de
teintes fondues. C'est une des plus belles productions de
la céramique et une des plus rares. Dans les pièces mo-
dernes les contours sont flous et le pointillé très grossier..
PORCELAINE TENDRE
La porcelaine tendre fut fabriquée en France pour la
première fois en 1695 à Saint-Cloud, ensuite à Chantilly
et à Vincennes, puis transportée à Sèvres en 1756. Elle
était composée, d'après M. Brongniart, d'un premier
mélange comprenant: sel marin, nitre, alun, soude, gypse
et sable de Fontainebleau qu'on faisait calciner ou fritter ;
puis on broyait cette fritte à laquelle on ajoutait, pour
75 parties, 17 parties de craie blanche et 8 de marne
calcaire.
La couverte était formée de: litharge, sable, silex, soude
et potasse, donnant ainsi une sorte de cristal tendre et
fusible, se laissant pénétrer facilement par les couleurs, et
offrant dans son décor cet aspect d'épaisseur et de pro-
fondeur qui contraste avec les glacis minces et secs de la
peinture sur porcelaine dure.
Cette porcelaine, supérieure au point de vue décoratif
et artistique, résiste mal aux changements brusques de
température et nous avons constaté de nombreux accidents
par son immersion subite dans l'eau bouillante. De là le
nombre relativement restreint des pièces intactes arrivées
jusqu'à nous et les prix très élevés qu'elles atteignent. La
— 28 —
fabrication de cette porcelaine a donc été abandonnée,
avec raison, car sa délicatesse la rendant impropre au
service, elle ne répondait plus au goût de notre époque
qui exige l'union de l'utile à l'agréable et surtout des prix
modiques.
Cependant la vue d'une pâte tendre de Sèvres causera
toujours un plaisir intense au céramiste ou à l'amateur,
et sa création marque un effort intellectuel bien supérieur
à celui que nécessita la porcelaine dure dont la nature
nous offre les matériaux tout composés.
La porcelaine tendre de Sèvres a été remplacée par un
composé auquel le kaolin procure la solidité exigée pour
le service, et une très grande proportion de phosphate de
chaux donne l'aspect laiteux, caractéristique de la porce-
laine tendre. On y ajoute de l'argile plastique, du silex,
du sulfate de baryte, du sable, etc., mais cela devient
plutôt une faïence fine où la présence d'un peu de kaolin
a fourni le prétexte de l'appeler porcelaine afin de l'ano-
blir.
Ce genre se fabrique surtout en Angleterre, puis en
France, à Tournay, Saint-Amand, Arras, etc..
BISCUITS
On nomme biscuits de faïence, de porcelaine dure ou
tendre des pièces mates non recouvertes de vernis ou
d'émail. Leur composition et leur mode de fabrication sont
exactement les mêmes que ceux du genre dont elles portent
le nom. La seule différence est l'absence de glaçure. La
matité leur donne l'avantage d'offrir à la vue la ligne, le
contour, le profil ou le modelé intacts, sans la déformation
que causent les reflets nombreux et éclatants des vernis
— 29 —
vitrifiés qu'on atténue généralement par le décor en cou-
leurs.
Les terres de Lorraine sont des biscuits de faïence fine,
leur aspect d'un blanc gris jaunâtre est assez sensible
pour qu'à première vue on les distingue aisément des
biscuits de porcelaine.
Le biscuit de porcelaine dure est très blanc, d'un grain
très fin, d'un aspect un peu vitreux et quelquefois
bleuâtre selon la quantité de feldspath unie au kaolin.
Le biscuit de porcelaine tendre est d'un blanc plus
mat, plus laiteux, qu'il doit au phosphate de chaux con-
tenu dans la pâte.
Les sujets sont empruntés à la mythologie ou repro-
duisent des scènes d'amour champêtre : les déclarations,
fleurs en mains, du berger à la bergère avec accompa-
gnement obligé du mouton, du chien, de la colombe et
de la rose emblématique qu'une houlette enrubannée est
censée garder ou défendre.
ÉMAUX
L'émail blanc est un verre auquel les oxydes d'étain
et de plomb donneront une opacité plus ou moins grande
selon l'usage auquel il est destiné. On le colore avec des
oxydes métalliques et on l'emploie sur or, cristal, fer,
fonte ou bronze.
Les émaux de Limoges, si justement renommés, sont
des peintures sur plaques de cuivre minces cloisonnées
ou rehaussées d'or.
Les émaux champlevés, d'un art moins élevé, ne fi-
gurent que des ornements d'un dessin très simple. On les
obtient en creusant le métal au burin, ayant soin de
laisser entre chaque partie du décor, un filet destiné à sé-
parer les couleurs et à empêcher leur mélange au point
de fusion.
Chaque compartiment est ensuite rempli d'émail en
poudre de couleur différente, et finalement poli et poncé
après cuisson. Ce genre de décoration était connu dans
la Gaule avant l'invasion romaine. On faisait des têtes
d'épingles, des agrafes de manteaux ou fibules et des
pièces pour le costume ou les harnais. Ce procédé était
également connu dans l'antiquité en Egypte et en Tur-
quie.
On fabrique encore de nos jours à Constantinople des
bijoux en émaux champlevés que l'on trouve sous les
galeries Rivoli et dont le bas prix semble indiquer qu'ils
sont obtenus par la fonte ou un procédé mécanique quel-
conque.
Les émaux cloisonnés sont fabriqués en Chine et au
Japon.
Sur une forme en cuivre rouge martelée dont les dif-
férentes parties, col et piedouche, s'il s'agit d'un vase,
sont brasées (nous expliquerons plus loin la différence
qui existe entre une soudure et une brasure), on applique
un fil de laiton aplati, découpé, contourné, selon le
dessin à produire, on le fixe à la forme et l'on emplit
les intervalles d'émaux en poudre de couleurs appro-
priées exactement comme pour les champlevés. On
termine en ponçant et polissant toute la pièce. Le se-
cret de cette fabrication n'est pas parvenu jusqu'à nous.
La difficulté réside dans le procédé employé pour fixer
ces cloisons sur des parois arrondies ou verticales, telles
que celles d'un vase, afin qu'elles offrent une résistance
suffisante pour contenir les émaux et pour supporter
le feu, du reste assez faible, qui doit les liquéfier sans
attaquer les soudures.
Les cloisonnés « vieux chine » sont très recherchés et
atteignent des prix élevés. Ils sont cependant loin de la
— 3i —
perfection que présentent dans ce genre, les travaux ja-
ponais. Les dessins en sont relativement frustes • les
émaux toujours grésilles et piqués, les imperfections dis-
simulées par de la cire et une couche épaisse d'encaus-
tique.
Les cloisonnés japonais sont, au contraire, d'une
perfection admirable et on reste confondu devant la
patience, la science et Fart nécessaires à la production
de ces grands vases, parfois cloisonnés de fils d'argent
si minces, qu'ils sont à peine visibles, et si nombreux,
qu'il semble que le temps est pour l'artiste de ce
pays une chose complètement négligeable. — On peut
encore à l'heure où j'écris se procurer pour des prix
dérisoires, des vases de petite ou grande dimension,
dont le moindre est un pur chef-d'œuvre de Fart
céramique, capable de décourager nos meilleurs céra-
mistes.
Ces bas prix paraissent leur avoir nui dans l'esprit des
amateurs et je n'ai trouvé que chez peu de personnes
l'admiration que je ressens pour ces œuvres absolument
hors pair.
On peut prévoir que dans un temps très proche, la
valeur de l'or et de l'argent monnayés ayant augmenté
dans d'énormes proportions au Japon, grâce à l'accrois-
sement des moyens de communications, les incompa-
rables céramistes que sont les Japonais entreront dans
la voie des productions à bon marché et nous enverront,
en échange de prix si peu rémunérateurs, des travaux
d'exportation dont le contraste nous fera sans doute
apprécier et regretter les œuvres premières. Cette pro-
phétie est déjà réalisée pour les splendides faïences japo-
naises de Satzuma dont les premières pièces furent très
disputées.
Nos grands magasins de nouveautés, profitant de la
vogue, en firent de larges provisions ; il y eut concur-
rence et avilissement des prix, une chose ne pouvant
— 32 —
être belle, chez nous, qu'à la condition d'être rare; et
maintenant on trouve un peu partout des genres Satzuma
n'ayant qu'une lointaine ressemblance avec les belles
productions des premiers envois. Certes, un critique
sévère, très sévère, même, par devoir professionnel
pourrait reprocher à ces faïences l'abus des ors comme
procédé ornemental ; mais n'oublions pas que nous
sommes ici dans le domaine de Fart décoratif où toutes
les fantaisies sont permises pourvu qu'il en résulte un
plaisir pour les yeux. Je n'ai ni l'autorité nécessaire, ni
l'ambition d'être le révélateur des cloisonnés japonais,
pour être à leur égard ce que fut M. Champfleury pour
nos faïences françaises; mais je pressens que l'heureux
capitaliste et amateur distingué qui, aujourd'hui rassem-
blerait à peu de frais une collection de ce genre, ferait
preuve de goût artistique en même temps qu'une excel-
lente affaire.
Il existe aussi des cloisonnés sur faïence, ce qui
parait indiquer que les cloisons ne sont pas fixées sur
cuivre par une soudure métallique qui deviendrait impos-
sible sur faïence.
Reste l'hypothèse d'une colle végétale ou animale,
colle de poisson ou gomme très adhésive, mais à la tem-
pérature nécessaire à la fusion des émaux, si tendres
soient-ils, cette gomme ou cette colle brûlerait avec dé-
gagement de gaz qui ferait boursoufler l'émail et ren-
drait libre et mobile la cloison au moment où sa fixité
est le plus nécessaire, c'est-à-dire au point de liquéfaction
de l'émail. — Peut-être le procédé est-il très simple,
ainsi que toutes les inventions qui paraissent aussi faciles
que la découverte de l'Amérique, quand on les connaît :
le difficile est de les découvrir.
Les émaux s'appliquent encore au pinceau sur cristal,
tels les verres et cristaux de Bohême, sur porcelaine
(p. i3) et sur carreaux de faïence fine ; dans ce cas, on cloi-
sonne en traçant au pinceau le dessin à produire avec du
— 33 —
noir manganèse mat qui suffit pour empêcher les émaux
de couler et de se mélanger.
Dans le domaine industriel, l'application de l'émail sur
les objets de cuisine est une idée très heureuse qui a reçu
l'approbation du public.
LE VERRE
Le verre est un silicate de soude et de potasse uni à
du carbonate de chaux.
La silice est tirée de sables choisis, soigneusement lavés
pour les verres blancs, et de sables terreux mélangés
d'oxydes de fer, cuivre et manganèse pour les verres à
bouteilles ordinaires.
Dans la pratique, les débris de verre triés entrent pour
une forte proportion dans leur fabrication.
La connaissance du verre remonte à une très haute
antiquité. On le trouve dans les trésors enfouis des dy-
nasties égyptiennes, ainsi que dans les tumuli préhis-
toriques, surtout sous forme de perles colorées, imitant
les pierres précieuses et ayant servi à la parure. Il devait
être alors un objet de grand luxe. Il est de nos jours
employé à tous les usages, son bas prix le mettant à la
portée de toutes les bourses.
Il y eut des fabriques célèbres à Byzance, puis à Venise,
dans l'île de Murano, où cette fabrication atteignit un
haut degré de perfection et fut très renommée surtout
au xvie siècle, pour ses miroirs biseautés dont les cadres
ornés d'émaux et enrichis de pierres précieuses en faisaient
des objets de très haute valeur. Ce genre de miroir
simplifié est encore en usage actuellement, et a conservé
le nom de miroir de Venise.
3
— 34 —
La peinture sur verre remonte en France au xue siècle
et servait surtout à la décoration des églises ; de magni-
fiques spécimens de cet art sont venus jusqu'à nous.
Longtemps délaissée, cette peinture d'un si bel aspect
décoratif fut reprise à Sèvres en 1 8 1 8 et paraît avoir
retrouvé la faveur du public.
Les couleurs employées sont des oxydes métalliques
unis à des fondants, minium et borax qui permettent de
les fixer à une faible température.
Le verre étant mauvais conducteur, il devient facile de
le travailler au chalumeau en le tenant avec les doigts
nus à quelques centimètres du point de fusion produit
par la flamme du chalumeau, les doigts conservent ainsi
toute leur adresse et c'est merveille de voir avec quelle
facilité une barre de verre peut se transformer en oiseaur
navire, corbeille, flacons, ou se dévider en écheveau d'un
fil plus fin que la soie, fil qu'on peut tisser et dont on
peut fabriquer de véritables étoffes.
VERRES IRISÉS
Dans les anciens tombeaux, surtout en Egypte, en
Grèce et en Palestine, on retrouve des bouteilles de verre,
dites lacrymatoires, offrant de très belles irisations dont
l'éclat n'exclut pas l'harmonie* ces irisations qui par-
courent toutes les nuances du prisme sont dues aux
agents chimiques du sol qui les a longtemps recélées, se
combinant avec les matériaux dont le verre était com-
posé. L'industrie, profitant de l'indication, a cherché et
trouvé un verre irisé qui ne rappelle que de loin le tra-
vail de la nature.
ÉTUDE SUR LA CÉRAMIQUE
La Céramique, dans son ensemble, offre un champ illi-
mité à l'activité humaine*, elle met à la disposition du
céramiste tous les minéraux; les végétaux fournissent le
calorique et des cendres alcalines; le règne animal, par
sa charpente osseuse calcinée, supplée aux phosphates de
chaux naturels là où ils font défaut-, les métaux et leurs
oxydes donnent toute la gamme des couleurs; la nature
entière lui sert de modèle. Aussi voyons-nous la Céra-
mique en grand honneur à toutes les époques de l'his-
toire, à tous les âges de l'humanité. Aux temps anté-
historiques, elle fut certainement un des premiers agents
de civilisation; elle contribua à retenir au foyer l'homme
primitif en lui donnant un moyen facile pour orner sa
demeure des objets de service de première utilité. Du
bois, de l'os, du silex, il a tiré ses premières armes;
mais de l'argile il fabriqua les premiers ustensiles qui,
en lui permettant de conserver l'eau et les aliments, en
augmentant son bien-être, lui ont inspiré le goût d'une
vie plus sédentaire, point de départ de toute civilisation.
On retrouve la Céramique sous sa première forme
(terre cuite) parmi les vestiges des premières sociétés ;
sur tous les points du globe et dans sa conception la plus
simple, la plus vulgaire : la modeste brique rempla-
çant la pierre avec avantage, pour la construction des
demeures et des aqueducs, résistant à l'action dissol-
vante de l'atmosphère, et d'une durée presque sans
limites comme l'attestent les travaux des Romains et des
Egyptiens parvenus jusqu'à nous, résistant même, comme
à Londres, à une atmosphère surchargée de principes chi-
miques, résultat de la combustion exclusive de la houille,
là où s'effrite le monolithe nommé aiguille de Cléopàtre
- 36 -
que les silicates ont tant de peine à protéger. Plus tard
la terre cuite servit, en dehors des usages communs et
alors que la crémation était en usage, à contenir les
cendres humaines, à garnir et orner les tombeaux sous
les formes épurées d'urnes funéraires, accompagnées
souvent de ces charmantes statuettes désignées sous le
nom générique de Tanagra. Plus tard encore, suivant
le développement de l'éducation artistique des peuples,
elle devint un merveilleux instrument de décoration, pre-
nant toutes les formes, se prêtant à tous les besoins et
se parant de toutes les couleurs pour embellir nos de-
meures et charmer nos regards.
Elle fut l'objet d'un commerce actif et une source de
richesses pour les peuples qui la cultivèrent, une réelle
fortune pour les contrées dont le sol renfermait la ma-
tière première : argile, sables ou kaolin. Venise lui doit
une réputation qui s'est perpétuée, Byzance, l'Etrurie,
plus tard l'Italie, la France, la Hollande, l'Angleterre
eurent leurs jours de célébrité dominées par la Chine, ber-
ceau de la porcelaine dure où la Céramique fut longtemps
l'objet d'un véritable culte, protégée, encouragée, pra-
tiquée, même par les souverains de ce pays.
Au xvme siècle, à l'exemple de la reine Marie-Antoi-
nette, les duc et duchesse d'Angoulême, Monsieur, comte
de Provence, le duc de Villeroy, le comte de la Seinie, le
comte d'Artois signèrent d'une marque couronnée les
produits de manufactures placées sous leur patronage ou
leur direction immédiate.
D'autres souverains étrangers : Auguste II, roi de Po-
logne et Electeur de Saxe, Charles III, roi de Naples puis
d'Espagne furent d'enthousiastes céramistes. Ce fut
l'époque des belles productions, la conscience artistique
primant l'appât du gain.
Sous le premier Empire, un style nouveau, néô-grec,
d'une valeur contestable, d'un goût offrant prise à la
critique, marque cependant une tentative plus ou moins
— 37 —
heureuse de formes nouvelles. La Restauration ne pro-
duisit qu'un mélange confus des styles précédents et nos
contemporains, impuissants à créer un style nouveau,
marchent indéfiniment dans les souliers de leurs ancêtres.
Les styles Renaissance, Louis XIII, Louis XIV,
Louis XV, Louis XVI et Empire paraissent avoir épuisé
le génie inventif de l'homme et notre habileté d'exécution,
bien supérieure à celle des anciens, borne ses efforts à
d'éternels pastiches.
Si, en littérature, l'évolution naturaliste si contestée au
début a fini par imposer (du moins momentanément) sa
méthode d'observation, son étude du vrai, et a fait
triompher le document humain sur les conceptions pure-
ment imaginatives, pourquoi l'art décoratif ne suivrait-il
pas la même voie ? La guirlande, le berger d'opéra-co-
mique ont eu leur part de gloire, tâchons de trouver, si-
non mieux, du moins autre chose.
Pourquoi ne pas tenter en décor la même évolution
qu'en littérature ?
L'ornement n'est que de la nature conventionnelle,
arrangée, telle que la chicorée gothique, l'acanthe, le
rocaille et le Louis XVI qui paraît s'inspirer du persil.
Eh bien, je crois que nul arrangement, si savant, si pré-
cieux soit-il, n'offrira jamais le charme de la plus mo-
deste plante arrangée par la nature et colorée par elle.
Quel est l'artiste, le décorateur ou le simple amateur de
promenade champêtre qui ne s'est jamais arrêté en
contemplation admirative devant une ligne d'horizon,
un bouquet d'arbres, un buisson fleuri, ou un simple
parasite, dessinant sur un vieux mur de gracieuses ara-
besques ou des rinceaux de grand style? Vienne ensuite
un rayon de soleil et nous verrons éclater, triomphante, la
symphonie des couleurs.
En effet, la feuille, la fleur, l'oiseau, l'insecte n'offrent-
ils pas pour le dessin et la couleur une source inépuisable
de sujets décoratifs?
- 38 -
Mais, si vous le jugez préférable, enfourchons la chi-
mère et partons, en pleine fantaisie, pour le pays des
Rêves.
Cherchons des formes nouvelles aux lutins, aux
gnomes, aux farfadets, aux fées et , aux sorcières,
même aux habitants d'autres planètes. Repeuplons les
cieux et les enfers. Tâchons de fixer la pensée abstraite
ou de condenser dans une composition décorative les
défauts, les vertus, les passions, les souffrances, les espé-
rances aussi de l'humanité. Car souvent une feuille ou
une série de dessins parlent plus clairement au cœur et
à l'esprit qu'un volume de dissertations philosophiques.
Quelle que soit la valeur artistique des produits de la
Céramique actuelle, leur prix est devenu si modique, leur
usage si répandu que, chez soi ou au dehors, l'œil ou la
main rencontre toujours, parmi les objets de luxe ou
d'usage, une pièce vitrifiée appartenant au domaine du
céramiste. Cependant on peut se demander si on a fait
rendre à la Céramique tout ce qu'elle peut donner et si
on en a tiré tout le parti possible. Ma conviction est
qu'elle est appelée à un avenir plus brillant encore que
son passé, et que l'architecture trouvera en elle le moyen
le moins coûteux de rompre l'uniformité, la monotonie
et l'insignifiance des constructions modernes. Le seul
obstacle à la production de grandes pièces est le danger
de déformation ; mais on peut y parer par des coupes en
biseau, dissimulées dans les angles rentrants des orne-
ments ou des draperies et dont les assemblages échap-
peront aux regards. On peut ainsi obtenir des frontons,
des chutes, des cariatides, des balustres, des panneaux en
haut ou bas-relief, dont le prix serait bien au-dessous de
celui de la pierre sculptée. La durée en serait plus longue
et l'entretien ou le nettoyage beaucoup plus facile.
Dans la décoration intérieure, on pourrait obtenir
de beaux effets avec des cheminées, des calorifères,
des panneaux et même des dallages qui joindraient
— 39 —
à l'aspect artistique, le mérite de la propreté, de l'hygiène
et de la durée. Mais surtout pour l'encadrement des bou-
tiques et magasins, la faïence paraît tout indiquée.
Une devanture se compose généralement du bandeau
d'enseigne, des panneaux de côtés et du soubassement,
qu'on doit faire peindre et revernir dans des périodes
assez rapprochées et dont l'entretien devient, par consé-
quent, coûteux. Si on remplaçait le bois maintenant en
usage par des carreaux de faïence glissant dans les
feuillures d'une mince armature de fer, il suffirait d'un
certain nombre de figures allégoriques : attributs, compo-
sitions ornementales, rappelant, même de loin, le genre de
commerce exercé, pour offrir un cadre très intéressant,
appelant et arrêtant l'œil du client, et offrant à la longue
une réelle économie par sa durée sans limites.
Les frais d'entretien seraient nuls et les chocs, très
rares, qui briseraient un carreau, n'entraîneraient qu'une
réparation partielle de peu de frais. Les commerçants y
trouveraient donc les avantages qu'ils recherchent :
épargne et réclame, et la Céramique atteindrait un nouvel
essor.
DÉCOR PAR IMPRESSION
La science qui fut toujours un auxiliaire indispensable
pour la Céramique est devenue une cause de décadence.
Les procédés mécaniques qui permettent le décor par im-
pression, en vulgarisant les produits décorés, ont enlevé
l'intérêt que présentent toujours l'effort visible de la main
de l'homme et son application à rendre les conceptions de
son génie décoratif. Sans nous plaindre outre mesure de
cette conséquence fatale du progrès, qui offre comme
compensation de mettre à la portée des bourses les plus
— 40 —
modestes, une apparence, une illusion d'art, il serait utile
de réagir contre l'envahissement des produits imprimés,
de les reléguer au rang très modeste qu'ils doivent occu-
per et de les bannir entièrement quand nos moyens pécu-
niaires le permettent. Pour sauver ce qui reste de vrais
céramistes, il est nécessaire d'établir entre une faïence
imprimée et celle peinte à la main la même différence
(toute proportion gardée) qui existe entre un tableau et
une chromolithographie qu'on ne se résoud à posséder
que faute de mieux.
Cette décadence doit être attribuée à la concurrence
que nos faïenciers ont à soutenir contre la production
étrangère qui les force à rechercher le bon marché avant
toute autre préoccupation, plutôt qu'au goût amoindri
du public, ainsi que le prouve le succès qu'ont obtenu
les œuvres intéressantes à divers titres de M. Ulysse, de
Blois, spécialisé dans le décor Renaissance-, de M. Car-
riès (i), avec ses grès et ses faïences artistiques, et de
M. Cros, si original avec sa pâte de verre plastique.
Il existait encore, il y a quelques années, dans les quar-
tiers de Belleville et Ménilmontant, des céramistes nom-
més Chambrelans : petits patrons qui occupaient quelques
ouvriers et cuisaient eux-mêmes avec un moufle et un
sabot (petit moufle). Ils faisaient la statuette, le décor, le
chiffre, le filet, la fantaisie et le réassortiment* ils four-
nissaient les magasins de Paris et les commissionnaires
pour l'exportation.
Un différend étant survenu entre patrons et ouvriers,
une grève fut déclarée pendant laquelle les marchands
reçurent de l'étranger des offres très avantageuses pour
la circonstance, et lorsque, la grève terminée, les ateliers
rouvrirent, les commandes avaient pour toujours pris un
autre chemin.
(i) Nous avons eu à déplorer la mort du jeune et sympathique sta-
tuaire.
— 4i —
Ainsi disparut un des derniers refuges de la Céramique
d'art.
Aujourd'hui, il faut un capital de plusieurs millions
pour fabriquer une assiette de deux sous.
Depuis quelque temps, le bruit court de la suppres-
sion de la Manufacture nationale de Sèvres. Est-ce un
ballon d'essai pour consulter l'opinion publique ou pour
la préparer ? Je ne saurais le dire, mais je n'hésite pas à
affirmer que ce serait le dernier coup porté à la Céra-
mique artistique.
La question d'économie est absolument négligeable sur
un budget qui se chiffre par milliards et les autres rai-
sons qu'on invoque ne sont pas meilleures 5 car si elle ne
rend pas tout ce qu'on serait en droit d'en attendre, cela
tient aux règlements qui font en France, d'une manufac-
ture nationale, une sorte de forteresse au lieu d'en faire
un temple ouvert à tous les fidèles de l'art.
Pourquoi enfermer l'esprit dans les limites étroites
que forme le cercle chinois de la porcelaine dure ? cette
porcelaine froide et sèche, d'aspect hautain et glacial,
qui ne se laisse pas modeler et qu'on doit violenter pour
la faire obéir.
Le peintre et le statuaire peuvent à peu de frais, le
premier, avec une toile et quelques tubes de couleurs, le
second, avec un pain d'argile, donner une forme visible
ou tangible à leur idéal esthétique. Au céramiste, il faut
un matériel énorme pour broyer, malaxer, mouler et
surtout il faut des fours et moufles pour cuire les terres,
les couvertes et les couleurs. Pourquoi notre manufac-
ture nationale ne mettrait-elle pas à la disposition des
chercheurs, trois ou quatre petits ateliers, sortes de loges
où les dévots de la céramique viendraient chercher des
formules nouvelles. A peu de frais, on les pourvoirait des
matériaux et des feux indispensables ; puis, pour chaque
découverte, la manufacture prendrait les brevets néces-
— 42 —
saires ou exploiterait l'invention en sauvegardant les inté-
rêts de l'inventeur.
Ce serait alors un spectacle aussi beau que rare : voir
un inventeur profiter de son invention !
On m'objectera que parfois se présentera quelque toqué.
Pour lui, ne soyez pas trop sévère, car l'homme de génie
lui ressemble comme un frère.
Sèvres! Ce mot sonne de façon prestigieuse, surtout à
l'étranger. Il évoque un passé glorieux qui fait oublier
quelques instants de faiblesse, et c'est une idée consolante
de penser qu'il existe en France un endroit où l'on fait de
la céramique sans la préoccupation désolante du bon
marché.
Ce sujet comporte une étude plus approfondie que nous
ferons peut-être un jour, ainsi que la critique des règle-
ments qui paraissent et sont réellement d'un autre âge.
LAQUES
Les laques sont des gommes-résines solubles dans
l'alcool et l'éther. Elles sont employées à orner et à pro-
téger le bois. Ce genre est peu pratiqué en Europe et
n'a jamais donné de résultats comparables à ceux obte-
nus par les Chinois et les Japonais, ces derniers surtout
ont créé de véritables petites merveilles tant au point de
vue de la dureté et de la solidité des laques employées que
pour la finesse incomparable du travail.
Ils emploient les laques d'or sur ivoire, et il m'a été
■donné d'admirer un baguier d'ivoire monté sur vieil
argent ciselé et décoré de paysages où se mouvaient de
minuscules personnages d'un dessin irréprochable. L'en-
semble et les détails étaient d'un fini précieux au-dessus
«le toute description. Ils ajoutent aussi dans leurs com-
— 43 —
positions de très petits insectes, mouches, scarabées,
libellules taillés dans des coraux, des pierres précieuses
ou des nacres irisées dont les notes éclatantes éclairent,
sans leur nuire, les tons doux et chauds des laques d'or.
Les laques sont employées en Extrême Orient à de nom-
breux objets d'usage journalier, pour l'ameublement, les
armures et même pour des ponts et de légères construc-
tions, bravant ainsi les intempéries et les différences
énormes de température.
Les laques, avant d'être employées, sont du féminin,
après l'emploi elles prennent le masculin. On dit du vieux
laque d'or. C'est une petite chinoiserie de plus à leur
actif.
Un amateur m'a raconté qu'occupant un poste officiel
en Chine, il fut chargé de se procurer des échantillons
des gommes et résines employées dans ce pays. Ayant
rassemblé une suite nombreuse de guides et porteurs, il s'en-
fonça dans les forêts de l'intérieur en prenant les précau-
tions nécessaires pour ne pas être trompé. Sur les arbres
déjà en exploitation, il puisa aux mêmes entailles des
échantillons dont on ne put tirer aucun résultat satis-
faisant. Les Chinois n'avaient mis nul obstacle à ces pré-
lèvements, sachant bien qu'il nous manquerait toujours
le secret des manipulations nombreuses et délicates, indis-
pensables à la réussite, et dont quelques-unes ne peuvent
s'accomplir qu'à des époques déterminées, à des tempé-
ratures fixées et parfois même dans l'obscurité.
Comment, du reste, arriverions-nous à lutter de dexté-
rité et de bon marché avec ces peuples qui se nourris-
sent d'un rayon de soleil et d'une poignée de riz ?
Les faïences Satzuma, les laques et les cloisonnés for-
ment dans l'art décoratif japonais un trinôme d'œuvres
dont la perfection ne sera égalée par aucun autre peuple
et ne pourra être surpassée par les Japonais eux-mêmes.
— 44 —
LE BRONZE ET SES ALLIAGES
Le bronze est un alliage de cuivre et d'étain dont les
proportions varient selon l'usage auquel on le destine.
Médailles : cuivre, 92; étain, 8.
Statues : cuivre, 91,40; zinc, 5,33; étain, 1,70;
plomb, 1,37.
Candélabres et ornements : cuivre, 78,47; zinc, 17,23 ;
étain, 2,87; plomb, 1,43.
Très malléable, ce métal se travaille aisément au mar-
teau, au tour, par le procédé de l'estampage, ou par la
fonte.
On donne au fondeur le modèle, en bois ou en plâtre,
lequel est divisé en plusieurs pièces qu'on moule séparé-
ment avec un sable argileux, battu et tassé.
Après complète dessiccation, on y coule le bronze qui
doit ensuite passer par les mains de plusieurs spécialistes
avant d'arriver à l'amateur.
Le ciseleur enlève les coutures toujours très apparentes
laissées par les joints des différentes pièces du moule,
puis il repasse la pièce entière quand il s'agit d'orne-
ments, donne des vigueurs, des arêtes, creuse sous les
rinceaux pour obtenir de la légèreté, refait les fonds et
peut ainsi dépenser un temps considérable, quand l'ama-
teur apprécie le travail et le paye en conséquence.
On peut donner une idée de l'importance de la cise-
lure en disant que la collection des outils se compose de
mille à douze cents burins ou ciselets de calibres diffé-
rents.
Le monteur prend ensuite les différentes pièces et les
ajuste avec des vis, des écrous, des goupilles ou par des
brasures ou des soudures.
On comprend que lorsqu'il s'agit d'une statue, d'un
— 45 —
buste ou d'une statuette, l'artiste modeleur ne soit pas
sans appréhension pour le résultat final, ce qui a engagé
les fondeurs à revenir à l'ancien système de la fonte à cire
perdue, c'est-à-dire d'une seule pièce. Ce procédé fournit
sans conteste une œuvre bien supérieure ; le seul bronze
vraiment artistique puisqu'il conserve le modèle intact et
les finesses de touche si chères à l'artiste.
Les bronzes de commerce, garnitures, lustres, etc.,
sont ensuite démontés et remis au doreur sur métaux
avant d'être définitivement remontés. La plus belle dorure
est la dorure au mercure- elle s'obtient avec un amalgame
de 80 parties de mercure et 10 parties d'or. Le mercure
est éliminé au feu, sous une cheminée d'appel. Malgré les
précautions prises, c'est un travail des plus malsains et
presque abandonné à cause de son prix très élevé.
11 est remplacé par la dorure à la pile électrique qui
permet de ne déposer sur les métaux qu'une couche d'or
extrêmement mince, qu'on peut, à volonté, rendre plus
solide, selon la durée du bain.
La brunisseuse achève le travail en polissant certaines
moulures avec une agate ou une pierre que je crois être
un aérolithe taillé et poli.
Pour les bronzes communs, le travail de ciselure est
réduit à l'indispensable, et la dorure est remplacée par un
vernis posé après avoir décapé la pièce dans l'acide.
Il y a enfin des bronzes au naturel, simplement polis et
brunis et dont l'entretien consiste à les préserver de
l'oxydation et à les frotter avec une peau et des poudres
qu'on vend spécialement pour cet usage.
On obtient par la galvanoplastie des cuivres creux très
minces et chargés ensuite intérieurement avec du plomb
afin de leur procurer à peu près le poids d'un bronze
fondu.
Pour clore cette rapide étude, mentionnons la fonte de
zinc, ou « petit bronze du Marais », obtenue dans des
moules à bons creux en cuivre. Cette fonte, qu'on peut
- 46 -
ensuite bronzer, argenter, dorer ou patiner de façons
différentes, procure au premier examen et d'un peu loin
l'illusion d'un bronze véritable.
Le bronze prend une patine naturelle qui varie un peu
d'aspect selon la formule de son alliage.
On peut l'attaquer par des alcalis qui lui procurent
une patine verdâtre. On lui donne la patine vert antique
ou bronze vénitien au moyen de produits spéciaux qu'on
ne trouve que dans certaines maisons du Marais.
Le cuivre rouge, c'est-à-dire sans alliage, prend une
patine couleur de laque d'un effet très agréable.
DORURE SUR BOIS
Plusieurs spécialistes concourent à la fabrication d'un
cadre doré.
Le menuisier pousse les moulures et assemble les mon-
tants.
L'apprèteur coule les ornements avec la pâte à doreur
décrite à l'article Colles, dans des moules en gélatine,
ou l'estampe sous le pouce dans des moules en soufre.
Les ornements appliqués ensuite sur le cadre y sont
fixés par la même colle de peau, qui est par excellence la
colle du doreur.
Les joints, les sections rebouchées, le cadre passe en-
suite par les mains du répareur, qui retouche le flou et les
imperfections du moule au moyen de crochets d'acier à
arêtes vives. Puis on donne une couche de colle, et on
pose la mixtion sur laquelle, le lendemain, on étalera
délicatement les feuilles d'or : c'est la dorure à l'huile, la
dorure mate.
Les brunis s'obtiennent sur une préparation spéciale
— 47 —
nommée assiette ou dorure à l'eau ; celle-ci est d'un prix
de main-d'œuvre beaucoup plus élevé, surtout pour les
pièces sculptées. C'est pourquoi on se contente généra-
lement de rehausser une dorure de quelques à-plats
brunis.
On peut dorer directement sur bois après un enduit
léger de colle et de blanc ou une ou deux couches de
vernis gomme laque. Cette dorure laisse visibles les
veines et stries du bois, ce qui n'est pas sans agrément,
surtout pour le chêne de bonne qualité. Pour de petites
étendues ou pour des raccords, on peut se servir d'or en
poudre (5 francs le gramme). On pose au pinceau une
couche légère de vernis copal à l'essence; on laisse sécher,
et lorsqu'au toucher on sent que le vernis est encore
adhésif sans être fluide, on frotte de la poudre d'or avec
un morceau de velours qui, formant brosse douce, lui
donne un aspect de vieil or bruni.
VERNIS MARTIN
Comme travail d'agrément, il est de mode de décorer
de petits objets en bois de formes fantaisistes tels que :
chaises à porteur, sabots, brouettes, etc., dans le genre
du vernis Martin.
C'est une peinture à l'huile exécutée sur un fond d'or,
et vernie ensuite à plusieurs couches. Cette décoration est
d'un éclat somptueux, surtout si on a le soin d'employer,
partout où c'est possible, des couleurs transparentes,
telles que les laques jaunes, oranges, carminées et du
blanc de zinc.
Mais il faut d'abord dorer l'objet, et le premier soin est
de rendre le bois imperméable, comme il est dit plus haut,
au moyen de colle de peau ou de vernis gomme laque.
- 48 -
On pose ensuite les mixtions le soir, et l'on dore le len-
demain matin. La mixtion est une huile cuite, siccative,
qu'on mélange avec un peu de jaune de chrome à l'huile
ou de brun rouge quand on veut imiter les vieilles do-
rures.
OUTILS POUR DORER SUR BOIS
La pose de l'or en feuilles exige le matériel suivant :
coussin, couteau, pinceau, palette, pour prendre et poser
la feuille-, brosse -ours pour appuyer l'or, brosse -putois
pour essuyer et lisser légèrement.
Le coussin se tient sur le pouce de la main gauche
comme une palette à peindre ; il est entouré de trois
côtés par une bande de parchemin qu'on relève pour
éviter les souffles d'air 5 on étale la feuille d'or sur le
coussin, on la découpe avec le couteau, puis on prend la
feuille ou le fragment avec la brosse-palette et on les
pose sur la mixtion en évitant de les froisser.
DEUXIÈME PARTIE
RÉPARATIONS
COLLES
Plusieurs colles sont nécessaires selon les objets que
nous aurons à réparer; il est donc utile d'en passer un
rapide examen.
Celle qui paraît indiquée tout d'abord pour la cérami-
que est le silicate de soude ou potasse. Ce verre liquide et
incolore conviendrait parfaitement pour les verres et cris-
taux ainsi que pour la porcelaine. Mais il devrait être
préparé spécialement pour cet usage, ce qui n'existe pas.
Tel qu'on le trouve chez les marchands de produits chi-
miques, il m'a parfois réussi, mais j'y ai renoncé après
plusieurs insuccès.
Un mélange de kaolin et de silicate de potasse donne
une pâte qui devient très dure, mais occasionne des joints
épais qu'on doit éviter.
On remplace avec avantage les silicates qui ont le
défaut d'être déliquescents par la colle de poisson qu'on
obtient au bain-marie en faisant dissoudre une partie de
la vessie natatoire de certains poissons, et principalement
de l'esturgeon; on tamise à travers une mousseline fine
et l'on obtient une colle très adhésive, incolore, qui a le
mérite de faire des joints très fins. Le froid la coagule ;
après l'avoir réchauffée à deux ou trois reprises, elle cesse
4
— 50 —
de se coaguler et commence à se décomposer; il est donc
préférable d'en refaire chaque fois une petite quantité.
Comme il existe une colle de poisson factice, on doit
demander la colle de poisson naturelle; elle est d'un
prix très élevé.
La colle forte ou gélatine d'os et de muscles est excel-
lente pour le bois et les corps poreux. On la concasse et
on la met la veille dans l'eau froide. Toutes les gélatines
se ramolissent à l'eau froide, mais ne se dissolvent qu'à
la chaleur; on doit toujours les préparer au bain-marie pour
éviter de les brûler. On les emploie chaudes, en faisant
également tiédir les morceaux sur lesquels on les pose.
La dissolution ne doit être ni trop épaisse ni trop claire.
On peut les conserver liquides par l'addition d'un peu
d'acide acétique; dans ce cas elles sèchent plus lentement.
La colle forte est d'une nuance brune assez foncée et
adhère peu sur les surfaces lisses et siliceuses telles que
le verre ou la porcelaine dure.
GOMME LAQUE
La gomme laque est une gomme brune produite par la
piqûre d'un insecte sur des arbres qui croissent dans
l'Inde, elle estsoluble dans l'acool. On l'achète en feuilles
minces qu'on fond à la flamme d'une lampe à alcool
pour en former ùn bâton qu'on emploie ensuite comme
nous l'indiquerons plus loin. Elle a l'avantage d'adhérer
fortement et par refroidissement, c'est-à-dire en quelques
minutes, ce qui est précieux dans les cas pressés. Il faut
éviter de s'en servir pour les pièces qui doivent ensuite
passer à l'étuve après le travail de peinture.
— 51 —
COLLE MASTIC
La colle de peau est tirée des débris de peau de gants.
Elle forme avec le blanc d'Espagne ou de Meudon (sous-
carbonate de chaux) et le plâtre à mouler (sulfate de chaux)
une pâte dont se servent les doreurs-encadreurs pour
couler les ornements des cadres.
PATE ANGLAISE
La pâtp anglaise ne se trouve que chez les marchands
de couleurs qui ont la spécialité de servir les doreurs.
Elle est composée de blanc d'Espagne, de colle double,
résine, colle forte et un peu d'huile. Cet ensemble a
le mérite d'être plastique, d'adhérer fortement, même sur
les surfaces très lisses et de devenir très dur; elle est pré-
cieuse pour modeler à l'ébauchoir des fleurs ou des orne-
ments, pour reconstituer des objets détériorés ou pour
faire de la barbotine à froid; on peut la teinter et lui donner
l'apparence de terre cuite.
On peut conserver la colle de peau pendant quelques
jours et la pâte anglaise pendant quelques semaines, en
les enveloppant de linges humides. Pour s'en servir, on
en réchauffe des morceaux entre les paumes des mains.
PLATRE A LA DEXTRINE
On le prépare de deux façons : soit en mélangeant en
poudre le plâtre à mouler à la dextrine, dans la pro-
portion d'un dixième au volume de dextrine, qu'on ma-
— 52 —
laxe ensuite avec de l'eau au moyen du couteau à palette
jusqu'à la consistance désirée. On peut aussi délayer la
dextrine dans Feau et y gâcher le plâtre comme à l'ordi-
naire. Ce plâtre est adhésif et devient assez dur. Il prend
plus lentement, ce qui est parfois un avantage.
CIRE ET MASTIC DES MONTEURS
Composé de cire, résine, brique pilée, suif, ce mastic
se ramollit et fond à basse température, il est utile pour
les scellements, moins cassant que la gomme laque et
d'un prix moins élevé.
CIRE A MODELER
Voici une exellente recette de cire à modeler :
Cire naturelle d'abeilles 600 à 700 grammes.
Blanc d'Espagne 500 —
Suif 500 —
Savon noir 0 fr. 10
Thérébentine de Venise 0 fr. 20
on peut, selon les climats ou les saisons, modifier les
termes de la formule pour obtenir des cires plus ou moins
dures. On les teinte par l'addition d'ocres rouge et
jaune.
On obtient une cire factice à très bon marché en pro-
fitant de l'affinité de l'argile pour les corps gras.
On laisse sécher la terre glaise, puis on la mélange en
poudre avec du suif, de la vaseline, de la glycérine, etc.
RÉPARATIONS DE LA CÉRAMIQUE
La réparation comporte plusieurs opérations succes-
sives que nous allons étudier. Quel que soit l'objet à re-
coller, il est nécessaire que les joints soient très propres.
Pour les pièces vitrifiées on peut se servir d'eau chaude
et savon noir, ou mieux de potasse d'Amérique. On la
fait fondre à l'eau bouillante et on y plonge les objets à
nettoyer; on obtient ainsi des joints très nets. Il faut
éviter d'y tremper les doigts, les pinceaux et les brosses
ainsi que les faïences poreuses et les terres cuites. Ces
terres absorbent et retiennent la potasse qui ensuite at-
taque les colles malgré des rinçages prolongés.
Lorsque tous les morceaux sont rincés et séchés, le col-
lage est chose relativement facile pour les objets plats à
cassures franches.
On emplit de sable fin et sec un dessous de boîte de
dimensions suffisantes, on y enfonce perpendiculairement
le plus grand des morceaux de l'assiette ou du plat sur
lequel on juxtapose les autres pièces après les avoir en-
duites de colle, en ayant soin que tous les morceaux se
trouvent en parfait équilibre, ce qui n'est pas toujours
possible-, dans ce cas, on réserve les autres morceaux pour
2 ou 3 opérations successives.
Lorsqu'il s'agit d'un vase, d'une corbeille ou d'un
objet quelconque, très brisé, offrant des contours curvi-
lignes, il devient indispensable d'étudier les cassures et
de le remonter d'abord sans colle, puis de marquer les
— 54 —
morceaux ou de les placer dans un ordre donné pour
pouvoir les assembler ensuite sans hésitation. Une des
conditions du succès étant la rapidité de l'exécution.
Toutes les colles, même celles liquéfiées par les acides,
s'épaississent rapidement au contact de l'air, il se forme à
la surface une légère pellicule qui épaissit le joint lors-
qu'elle n'empêche pas entièrement l'adhérence. Il arrive
fréquemment qu'on ne peut coller qu'un ou deux mor-
ceaux à la fois, il faut alors les laisser sécher avant la
seconde reprise ; surtout en hiver, il est bon de faire tiédir
chaque fois la colle, les morceaux et la pièce.
COLLAGE A LA GOMME LAQUE
Pour les collages à la gomme laque il est indispen-
sable d'avoir une lampe à alcool et un chalumeau ordi-
naire ou un chalumeau à récipient contenant l'alcool
et qui, avec la forme et le volume d'une pipe, se
tient entre les dents et laisse, par conséquent, les deux
mains libres pour le maniement des pièces à coller. Les
joints étant propres, on les chauffe et on les enduit d'un
seul côté de gomme laque • on chauffe ensuite à une tem-
pérature assez élevée l'autre morceau à coller et on joint
en appuyant fortement. On gratte ensuite les bavures et
on passe l'ongle sur le joint afin de juger si la juxtapo-
sition est parfaite ; en cas de saillie, on réchauffe à
nouveau en tenant les morceaux en équilibre et on cor-
rige le joint. Pour les pièces très épaisses et de grandes
surfaces, telles que cachepots, etc., il est bon d'avoir une
lampe à souder, car les poumons ne pourraient suffire à
fournir le calorique suffisant.
LAMPES A SOUDER
Cette lampe, très utile pour coller ou souder à rétain r
se compose d'une petite lampe ordinaire à alcool placée au-
dessous d'un récipient dans lequel on verse aussi de l'alcool,
lequel entrant en ébullition ressort par un tube recourbé
et traversant la flamme de la lampe inférieure, sous forme
de gaz ou vapeur d'alcool, projette violemment une
flamme qui, selon la grosseur de la lampe, peut acquérir
une grande intensité. Malgré son utilité incontestable
elle offre quelque danger d'explosion auquel on a remédié
par une soupape placée au faîte du récipient, par une
chape de cuivre recouvrant le dessus de la lampe, et
enfin par les précautions que l'on doit prendre de ne ja-
mais emplir qu'à moitié la partie supérieure, de s'assurer
chaque fois, que la soupape fonctionne aisément et que
le conduit à vapeur n'est pas bouché ; ces conditions ob-
servées, la lampe devient inoffensive et d'un usage com-
mode et sans fatigue.
L'objet collé doit rester en place jusqu'à complète des-
siccation, ce qui demande un temps plus ou moins long,
selon l'épaisseur des morceaux, la température et la
colle employée. La colle forte devient solide après quel-
ques heures, selon son épaisseur ; la gomme laque dès
que les pièces sont refroidies ; les colles liquéfiées avec
de l'acide sont beaucoup plus longues à sécher et quand
les morceaux sont très épais, il est nécessaire d'employer
une étuve, un four modérément chauffé ou de les pré-
senter au foyer ou au soleil selon la saison; les autres
colles sèchent ou prennent par refroidissement. Mais avec
les colles acidulées le bord du joint exposé à l'air, sèche
d'abord et forme ensuite obstacle à l'évaporation des par-
ties profondes : la chaleur est donc indispensable.
Lorsqu'il s'agit de figurines, groupes, anses, ou pièces
- 56 -
d'un dessin courbe ou tourmenté, il est parfois impos-
sible de placer les morceaux en équilibre, il faut alors les
maintenir au moyen de cire à modeler, préalablement
ramollie, ou de gomme laque, dont on laisse tomber des
gouttes épaisses çà et là sur les joints à maintenir.
REBOUCHAGE
La pièce ou objet quelconque étant solidement collé, il
faut procéder au rebouchage, car il est très rare que les
joints soient absolument nets, surtout pour les faïences
argileuses, et les terres cuites. Parfois même, on a intérêt
à supprimer de petits éclats qui pourraient nuire à la par-
faite adhérence des morceaux principaux. On se sert pour
cet usage de plâtre pur pour les objets en plâtre ; pour les
autres, de plâtre à la dextrine, de pâte à doreur ou de
pâte anglaise ; on pose à l'ébauchoir et on laisse sécher.
On égalise ensuite en frottant avec du papier de verre,
de plus en plus fin, afin d'obtenir une surface bien lisse.
PAPIERS DE VERRE
Il est nécessaire d'indiquer ici le numérotage de ce
papier dont l'emploi est fréquent et indispensable. Le
plus fin 00, ensuite o, 6, 5, 4, le numéro 4 est le plus
gros dont on puisse avoir rarement besoin 5 les numéros
les plus usités sont 00, o, 6.
AGRAFES, GOUPILLES
Les agrafes offrent une sécurité de plus et donnent
plus de force aux collages. On peut les placer à l'extérieur
pour les plats dont on ne souhaite avoir que la face corn
plètement réparée ; on les rendra invisibles en creusant
un petit canal, dans lequel l'agrafe disparaît, et qu'on
rebouche ensuite. L'agrafe dissimulée est très difficile,
sinon- impossible, dans la porcelaine dure orientale. On
prend pour creuser la faïence ou la porcelaine, des burins
de graveur de grosseurs appropriées : ce sont de petites
barres d'acier quadrangulaires , trempées dures, qu'on
enfonce à coup de marteau dans des manches de bois
blanc ou de bois dur plein, et qu'on taille ensuite comme
des crayons, en suivant l'usure du burin, qui arrive vite,
car il faut les affûter fréquemment, surtout en perçant
la porcelaine.
On les affûte non pas en pointe, mais sur deux côtés
seulement, ce qui leur donne un tranchant de la largeur
du burin et permet d'obtenir un trou non conique, mais
cylindrique jusqu'au fond.
L'agrafe se fait avec du fil de fer clair, d'un diamètre
moitié moins grand que le trou formé. On double le fil
en ne le coupant que d'un côté, on le rabat à chaque bout
pour former crochet à angle droit et on l'enfonce, coupé
de longueur exacte, afin qu'il force légèrement.
Pour percer la porcelaine, on doit tremper l'extrémité
du burin dans l'essence de térébenthine.
Pour placer une goupille de fer dans une anse ou dans
un membre, il faut prendre un burin plus fort et percer
dans l'axe de chaque partie, de façon que les trous con-
cordent exactement et ne nuisent pas à la netteté du
joint.
- 58 -
PIÈCES MANQUANTES
Quand il s'agit d'une assiette, d'un plat, d'un couver-
cle, d'un vase, il arrive fréquemment qu'un ou plusieurs
fragments manquent totalement. Il faut alors les refaire,
en s'y prenant de la manière suivante :
L'objet étant solidement collé et agrafé, on prend avec
de la cire à modeler, ramollie entre les paumes, l'em-
preinte d'une partie semblable à celle que l'on veut rem-
placer ; sur cette cire fixée sous l'emplacement de la pièce
absente, on coule du plâtre fin et on obtient une pièce
terminée d'un côté et dont les bords s'adaptent intime-
ment à ceux de la cassure. On termine à la râpe, puis
aux papiers de verre -, mais la pièce n'adhère pas solide-
ment; il faut l'enlever et la coller comme on a fait pour
les autres morceaux.
Pour refaire une anse de grande dimension, pour un
cache-pot par exemple, dont les anses sont généralement
de forme simple, il est inutile de faire un moule -, on se
contente de percer une ou deux paires de trous dans
lesquels on insère des fils de fer de grosseur voulue, sui-
vant la forme à reproduire. On les garnit ensuite de plâtre
à la dextrine, et si les fers sont bien engagés, la pièce
acquiert assez de solidité pour qu'on puisse au besoin
soulever le cache-pot en le prenant par les anses.
PIÈCES A REFAIRE
Bras ou jambe à refaire. — Ce travail exige plus
que de l'adresse, car il faut retrouver les mouvements,
puis modeler le membre sans fautes d'anatomie, en
— 59 —
tenant compte du style ou de la façon de faire spéciale à
l'auteur de la statuette.
Je me contente généralement d'une ébauche en cire,
dont je ne prends qu'un estampage sur la partie la plus
^en vue (dessus ou dessous du bras et de la main, face ou
profil de la jambe).
Dans cet estampage ou empreinte d'une seule pièce, on
peut, s'il est nécessaire, placer un fer dont l'extrémité
dépassera un peu le haut du bras, pour former tenon. On
■coule le plâtre que l'on termine ensuite avec les outils
spéciaux.
On colle le membre, on rebouche le joint, et on agit
ensuite comme pour les morceaux plats, ainsi qu'il est
dit aux paragraphes Enduit et Peinture.
VERNIS
La réparation n'est qu'une imitation, un trompe-l'œil
où la vitrification est remplacée par des vernis. Il existe
des vernis secs à l'alcool qui sèchent rapidement, de-
viennent durs et ne poissent pas sous le doigt. Malheu-
reusement, leur emploi est très difficile, surtout au
pinceau. Il est bon d'avoir du vernis gomme laque qui
peut rendre service en bien des cas ; on peut au besoin
-en préparer soi-même, en faisant fondre de la gomme
laque en feuilles dans de l'alcool.
C'est le vernis dont on se sert pour les meubles, pour
les bois en général, pour remédier à la porosité du plâtre
ou de la pâte à doreurs. On l'étend sur bois avec un
tampon légèrement graissé d'huile ; il procure un brillant
très beau et très solide.
Le Copal à l'essence est le vernis le plus facile à em-
ployer au pinceau, il faut choisir le moins teinté, c'est-à-
— 6o —
dire celui qui a été fait avec des gommes soigneusement
triées.
On trouve encore différents vernis tels que le vernis
mastic, le vernis email, etc., qui peuvent rendre des
services.
Le vernis à l'essence de Lavande ou vernis Sohenné,
très fluide, séchant rapidement et devenant dur, peut être
très utile en bien des cas. Il faut le choisir frais, c'est-à-
dire aussi peu teinté que possible.
COULEURS
On doit se procurer un lot de couleurs en poudre fine-
ment broyées ; la liste suivante pourra être modifiée
d'après la palette qu'on a l'habitude d'employer.
Blanc de neige; noir d'ivoire; jaune de chrome; ocre
jaune; brun rouge ; ocre de rue; terre de Sienne brûlée
et naturelle ; terre d'ombre ; bleu outremer; bleu cobalt;
vert-chrome ; vermillon ; carmin, etc.
PRÉPARATION DES COULEURS POUR FAÏENCES
Pour préparer ces couleurs, il faut avoir une palette à
trous comme celle dont se servent les peintres sur porce-
laine; une glace dépolie et une ou deux molettes de verre.
On verse sur la couleur placée sur la glace dépolie un
peu de térébenthine; et puis on écrase avec la molette
et on broie en décrivant des spirales autour du centre, de
façon à ramener la couleur et à empêcher qu'elle déborde.
Si fines que soient les couleurs, cette préparation est in-
— 6i —
dîspensable. Lorsque la couleur est bien broyée, on verse
quelques gouttes de vernis et on la place dans la palette
à trous. Ces couleurs servent à imiter tout ce qui est
brillant.
BROSSES
Il faut prendre des brosses plates, très douces et solides.
La martre est la meilleure brosse, son prix élevé fait
qu'on la remplace souvent par la brosse en bœuf, en
fausse martre ou en putois.
La brosse plate sert à émailler, à vernir, à poser les
fonds unis. Quelques brosses rondes fines pour les fleurs,
les ornements, et enfin deux brosses très fines et très lon-
gues pour les filets.
ENDUIT ET GLAÇAGE
Notre plat étant collé, rebouché, poncé au papier de
verre fin, les morceaux refaits en plâtre passés à la colle
étendue d'eau pour remédier à la porosité absorbante, il
s'agit de faire disparaître les cassures et de lui redonner
son aspect primitif ; ici surgit la difficulté, car pour dis-
simuler un joint, même très fin, il faut poser dessus un
corps opaque qui, par conséquent, aura une épaisseur
qu'il faudra atténuer sans pour celal'étendre indéfiniment,
la difficulté s'accroît sur les parties planes et blanches et
devient moindre pour les portions décorées.
On doit poser un premier enduit de blanc de neige
broyé finement avec très peu de vernis. On donne à cet
— 62 —
enduit la nuance du fond, qui est ordinairement un gris
verdàtre, on le pose sur toutes les cassures et sur les
pièces refaites et on laisse sécher.
Ce premier enduit doit contenir assez peu de vernis
pour devenir mat.
Quand il est bien sec, on le ponce avec du papier de
verre fin, de façon à atténuer la saillie et on prépare une
seconde teinte de blanc de neige, plus fluide, avec un peu
plus de vernis qu'on étend soigneusement au moyen d'une
brosse plate en débordant un peu le premier enduit et en
lissant avec un peu d'essence de térébenthine. La pratique
seule peut donner le tour de main nécessaire pour mener
à bien cette partie du travail.
Il faut laisser bien sécher, poncer ensuite avec de la
poudre de ponce fine pour enlever les traits laissés par la
brosse, recommencer au besoin avec la même teinte, en-
core plus fluide, pour obtenir le glacé, le poli et le bril-
lant de l'émail ; puis refaire les raccords de fleurs, orne-
ments ou paysage, en se servant des couleurs de la palette
étendues d'un peu de vernis et d'essence ou mélangées à
du blanc de neige selon les besoins.
Laisser sécher et, s'il est nécessaire, effacer à nouveau
les traces de brosses en ponçant très légèrement à la
poudre ; on peut redonner le brillant par une chaleur
d'étuve ou par une légère couche'de vernis soehné, qu'il
faut passer très vivement, afin de ne pas délayer les cou-
leurs du décor.
Lorsqu'il s'agit de repeindre un petit bras, une très petite
main, il devient difficile de poncer au papier les petits
doigts très fragiles; il faut alors lisser l'enduit avec de
l'essence, éviter les dépôts qui empâteraient les détails et
se borner à déposer le moins possible de couleur.
- 63 -
RÉPARATION DES FLEURS EN RELIEF
Il arrive souvent que les vases, les socles de statuettes,,
les couvercles de soupières sont ornés de branches de
fleurs et feuilles en relief.
Pour les refaire la pâte dite anglaise convient parfaite-
ment. Pour les branches, on perce deux petites trous aux
deux endroits où portent les extrémités de la branche ;
on coupe un fil de fer qu'on ajuste et contourne, puis on
l'enduit de pâte à la grosseur voulue, on trace ensuite à.
Fébauchoir les gerçures et rugosités. En mouillant la pâte
avec de l'eau tiède, elle se colle d'elle-même sur la faïence.
On modèle les fleurs, pétale par pétale, en prenant un
très petit morceau de pâte qu'on roule d'abord en sphère,
puis qu'on écrase entre le pouce et l'index. Avec un peu
d'habitude on arrive à donner d'un seul coup la forme
d'un pétale qu'on colle ensuite, en le mouillant à sa base,
sur un point central autour duquel les pétales suivants
viendront s'ajouter. Pour une rose on agit de même en
commençant par le cœur; en faisant les pétales de plus
en plus grands et en les gondolant un peu selon le modèle
à imiter.
Pour les feuilles, il est bon de tracer les nervures alors
que la pâte est encore fraîche. On évite ainsi l'effort qu'il
faudrait faire avec un outil d'acier en opérant sur la pâte
dure.
Pour sécher complètement, la pâte anglaise demande
un ou plusieurs jours, selon son épaisseur.
ORS
Pour les raccords de dorure il faut se contenter « d'à
peu près ». L'or sur porcelaine, bruni avec des agathes,.
— 64 —
offre un éclat métallique qu'il est impossible d'imiter
exactement. On se contente souvent, par économie, de
raccorder avec des bronzes d'or en poudre; l'effet est
peu satisfaisant. Le bronze noircit à la longue quoiqu'il
soit protégé de l'oxydation par le vernis auquel on le
mélange.
Il est préférable de prendre de l'or en coquille ou de
l'or en poudre à 5 francs le gramme; on l'emploie en le
délayant avec de la colle de peau étendue d'eau et on
peut ensuite lui donner un léger brillant en frottant avec
un morceau de velours ou une agathe à polir.
Il existe des bronzes en poudre de toutes couleurs et
des ors jaune, vert, rouge.
L'or natif est jaune; allié à l'argent il devient verdâtre,
et au cuivre, rougeàtre.
On trouve également de l'argent en feuille, en poudre
ou en coquille.
L'or en feuille se pose comme nous l'indiquerons à
l'article : dorure au coussin ou dorure sur bois.
OR EN RELIEF
Il existe dans le Sèvres et ses imitations des dorures
en relief assez accentué, cela s'obtient en couleurs vitri-
fîables avec du relief d'or qu'on pose en épaisseur et sur
lequel l'or est ensuite placé en couche mince.
Il faut agir de même en réparation en traçant l'orne-
ment avec du blanc épais contenant peu de vernis.
PLATRE
Le plâtre ou sulfate de chaux est indispensable au ré-
parateur.
Nous devons indiquer la façon de le préparer :
Prendre une terrine de terre émaillée, y verser la quan-
tité d'eau nécessaire et faire tomber en pluie, peu à peu,
le plâtre qui s'imbibe et va au fond; s'arrêter quand le
plâtre atteint le niveau de l'eau; prendre une spatule ou
un couteau à palette, l'enfoncer dans le plâtre et agiter
sans ressortir le couteau ou la spatule afin de ne pas y
faire entrer de l'air qui formerait ensuite de nombreuses
bulles.
MOULAGE
On peut diviser ce travail en trois parties : estam-
page; moule à creux perdus; moule à bons creux.
ESTAMPAGE
On dit qu'un objet est de dépouille lorsqu'il n'offre pas
d'angles rentrants et qu'il est suffisamment plan.
On peut alors en prendre un estampage avec de la
terre glaise, de la cire à modeler ou une couche de
plâtre.
Pour les très petites pièces, la mie de pain fraîche
roulée entre les doigts peut fournir un estampage très
délicat.
On prépare des galettes de terre minces qu'on sau-
poudre de talc enfermé dans un petit tampon de mous-
5
— 66 —
seline fine. On tamponne l'objet avec le talc et on appuie
avec le pouce une galette de terre en ayant soin de bien
faire épouser les reliefs-, on fortifie ensuite par des épais-
seurs déterre de façon à pouvoir lever l'épreuve sans la
déformer. On y vaporise de Peau avec la bouche ou un
vaporisateur afin de faciliter la coulée du plâtre, on
coule et on laisse prendre.
On agit de même avec la cire à modeler quand il
s"agit d'une forme cylindrique : bras, jambe, etc. ; il faut
avoir soin de ne prendre qu'un peu moins de la moitié du
contour, sinon l'empreinte se déformerait en l'arrachant.
MOULE A CREUX PERDUS
Pour prendre un moulage sur un objet en terre glaise
ou en cire, si on désire une seule épreuve, et pour éco-
nomiser le temps, on peut faire un moule à creux perdus.
Il est bon, dans ce cas, de teinter le plâtre avec une
pincée d'ocre rouge qu'on délaye dans l'eau; puis on
enveloppe entièrement la pièce en ne réservant que les
évents nécessaires pour qu'on puisse retirer par frag-
ments la cire ou la terre qui est au dedans; passer une
brosse dans l'intérieur et couler l'épreuve en plâtre
blanc.
L'épreuve prise de toutes parts ne peut être retirée
qu'en cassant le moule. Cette opération assez délicate
pour les petites choses est rendue plus facile par la diffé-
rence de couleurs et par le peu d'épaisseur qu'on doit
donner au moule.
- 67 -
MOULE A BON CREUX OU MOULE A PIÈCES
Ce moule n'est nécessaire que lorsqu'on veut tirer
plusieurs épreuves, il faut faire alors autant de pièces
qu'il y a d'angles rentrants et de plans différents dans
l'objet à mouler. Dans tous les différents moulages, avant
de tirer une épreuve, on doit savonner l'intérieur du
moule avec du savon noir, puis passer une légère couche
d'huile.
On peut encore mouler avec du soufre ou de la géla-
tine.
RÉPARATIONS VITRIFIÉES
On peut, dans certains cas, faire des collages vitrifiés,
à la condition expresse que les morceaux puissent se
tenir en équilibre parfait. On emploie pour ces collages
le « fondant général » • on appelle ainsi un verre boracique
en poudre qu'on mélange avec certaines couleurs un peu
dures afin de les faire glacer plus facilement; les joints
potassés et bien propres, on broie le fondant à l'eau, on
pose le morceau principal en équilibre dans le moufle,
on enduit de fondant et on juxtapose l'autre partie.
L'opération ne peut réussir que pour deux ou trois
morceaux au plus, dans une assiette ou un plat, pour un
bouton de couvercle, une anse de soupière et autres cas-
sures simples.
Il faut éviter de coller ainsi les porcelaines dites vieux
chine, les émaux dont elles sont couvertes ne résistant
pas à notre feu de moufle ordinaire.
Toujours prévoir un accident possible lorsqu'on a re-
cours à ce terrible auxiliaire du céramiste : le feu.
— 68 —
Certaines parties de statuettes, telles que bras, jambes,
peuvent se refaire en porcelaine, en faïence ou en biscuit.
Reste le joint qu'il faut coller, mastiquer, enduire et
repeindre. L'avantage qu'on trouverait à refaire de très
petites pièces vitrifiées serait donc presque nul, puisqu'il
faudrait les recouvrir en partie avec les vernis indispen-
sables au travail ordinaire de la réparation. Pour les pièces
plus importantes, il faut les modeler en cire, en tenant
compte du retrait qu'elles subiront, un dixième environ,
en prendre un moule à bon creux, y estamper la terre,
laisser sécher, retoucher et finir à sec, et enfin les faire
cuire d'abord à un feu de dégourdi, émailler et faire re-
cuire, puis décorer à un ou deux feux de moufle ordinaire.
On comprendra aisément que le moindre accident survenu
pendant le cours d'opérations aussi délicates suffit pour
en compromettre le résultat et que ce travail n'est possible
que pour les objers de grande valeur.
La réfection de pièces entières, pour si difficile qu'elle
soit, est donc possible, mais ce qui est théoriquement et
pratiquement impossible c'est une réparation invisible à
plat sur une simple assiette cassée en deux morceaux.
Pour dissimuler le joint, il faudrait poser dessus un émail
opaque qui naturellement formerait bourrelet, il faudrait
recuire à nouveau pour le décor et que deviendrait alors
le collage primitif au fondant obtenu à un feu d'égale in-
tensité ?
Ceci soit dit pour répondre à un aimable farceur qui
se vante, m'a-t-on dit, de pouvoir exécuter ce travail
impossible.
RÉPARATIONS DES TERRES CUITES
Souvent les terres cuites ont reçu une couche de couleurs,
il est bon de les en débarrasser avant de les réparer ou de
- 69 -
les repeindre. Pour ce nettoyage, il faut éviter le savon
qui graisse. On emploie de l'eau chaude pure ou mélangée
d'eau de javel et on recolle ensuite avec une des colles
indiquées pour les corps poreux. On peut se servir de
bonne colle forte additionnée de blanc d'Espagne finement
pulvérisé et coller les morceaux en les faisant tiédir.
Les pièces manquantes se refont en agissant comme il
a été dit pour la faïence.
Les fers et les goupilles se posent de même façon, on
peut, surtout quand les terres sont peu cuites, les réparer
entièrement au plâtre pur ou au plâtre à la dextrine, en
agissant comme on le ferait avec une statuette de plâtre.
COULEURS POUR TERRES CUITES
On repeint les terres en préparant les couleurs en
poudre à la colle, ou au lait. Lorsqu'on n'a qu'une partie
à repeindre ou des joints à cacher, il est très important de
retrouver la nuance exacte, car la moindre différence de
teinte ferait tache. On y arrive par tâtonnements et l'opé-
ration est assez longue, étant donné que les couleurs ainsi
préparées pâlissent beaucoup en séchant, il faut attendre
à chaque essai nouveau. On retrouve généralement les
teintes terres cuites avec les couleurs suivantes: blanc d'Es-
pagne, ocre jaune, ocre rouge, ocre de rue, et, suivant les
cas, terre d'ombre, terre de Sienne, ou pointe de noir.
Les terres ainsi repeintes ne supportent pas l'eau et ne
peuvent être lavées.
Dans le cas où la terre serait destinée à subir les in-
tempéries, il faudrait repeindre à l'huile. On obtient la
matité voulue en ajoutant des couleurs, du siccatif en
poudre et de l'essence de térébenthine. On peut encore
faire dissoudre de la gomme laque dans de l'alcool et y
— 70 —
délayer la teinte de couleurs en poudre qu'on aura pré-
parée à l'avance, car il est nécessaire d'agir très vivement
pour remédier à l'évaporation rapide de l'alcool.
On doit éviter les teintes roses qui donnent à la terre
l'aspect de plâtre peint-, les nuances sont rompues par
l'ocre de rue, les terres d'ombre et réchauffées par la terre
de Sienne brûlée.
RÉPARATIONS DES MARBRES
Le marbre blanc et, en général, tous les corps plus ou
moi^ns transparents ne peuvent que se recoller. Cependant,
dans certains cas, on peut rendre moins apparent le joint
ou la cassure et boucher les éclats avec de la cire vierge
blanche; pour cela, on chauffe légèrement le marbre et on
laisse tomber en gouttes la cire qu'on égalise ensuite avec
l'ébauchoir.
On peut coller les marbres avec la colle forte mêlée au
blanc d'Espagne ou les cassures très franches avec la colle
de poisson un peu épaisse; mais tous les marbriers font
leurs scellements au plâtre pur ou à la gomme laque
après avoir égrugé les surfaces à mettre en contact.
Pour les marbres exposés à l'air, la goupille intérieure
et le scellement au plâtre sont de rigueur.
Les marbres de couleurs se réparent avec des cires à
cacheter teintées et des gommes laques qu'on étend avec
un fer chaud ; on égalise la surface, on ponce au papier
puis à la poudre de ponce et on encaustique.
On peut faire aussi des scellements très solides et inso-
lubles avec du soufre. Il faut égruger les surfaces à join-
dre, les chauffer légèrement, faire fondre du soufre avec
précaution, et le couler dans les trous creusés pour les
— 7i —
goupilles. On aura naturellement tenu les trous plus
grands que l'épaisseur des fers.
On teinte les cires ou la gomme laque en les faisant
fondre dans une cuillère au-dessus de la lampe à alcool •
on ajoute ensuite une petite quantité de couleur préala-
blement broyée à l'eau et séchée, et on laisse tomber une
goutte sur le marbre à réparer afin de juger de la diffé-
rence.
Il faut éviter de savonner les marbres blancs non polis,
ainsi que les terres cuites. On doit également éviter de
les épousseter avec un plumeau qui, toujours chargé de
poussières, les salit et les encrasse en peu de temps. Terres
et marbres artistiques doivent être époussetés avec un
soufflet: c'est le meilleur moyen de les conserver propres;
et en cas de nécessité l'eau pure, ou additionnée d'eau de
javel, est ce qu'il y a de mieux pour les nettoyer.
Ce que nous disons du marbre s'applique également à
l'albâtre.
SCELLEMENTS DES MARBRES
Les coupes, vases, cachepots, sont souvent montés et
scellés sur des pieds en bronze auxquels ils doivent adhérer
par le rebord inférieur qui est généralement très étroit ;
le mastic de monteur, moins cassant que la gomme laque,
convient parfaitement à cet usage.
On le fait fondre dans une petite marmite de tôle sans
soudure 5 on chauffe légèrement le fond du cachepor et le
bronze 5 on renverse l'objet pied en l'air et on coule le
ciment liquide dans l'interstice du bronze et de la faïence.
On appuie et on égalise avec la spatule de fer et on laisse
refroidir.
On agit de même avec le soufre et la gomme laque.
Cette dernière réservée aux très petits objets.
Si l'objet à monter est destiné à être posé sur un poêle
de salle à manger ou tout autre endroit chaud, il faut rem-
placer la cire par le plâtre à la dextrine.
RÉPARATIONS DU BRONZE, SOUDURE, BRASURE, TARAUDAGE
Les objets en bronze qu'on a le plus souvent à réparer
sont les flambeaux, les appliques, les torchères, bouts de
table, lustres, statuettes, etc. Il faut l'emploi de la filière
et des tarauds pour refaire les pas de vis; les pièces brisées
se réparent au moyen de la soudure à l'étain ou de la
soudure forte ou brasure. Pour souder à l'étain, il faut
décaper à vif les parties à joindre, les mouiller avec du
« décomposé », terme de métier qui indique du zinc dis-
sous à saturation dans l'acide muriatique ou esprit de
sel.
On fait chauffer un fer à souder en cuivre rouge ; on
le passe sur une pierre d'ammoniaque, puis sur de la sou-
dure, de façon à étamer la tranche qui retient ensuite une
goutte d'étain qu'on étend sur le joint, en ayant soin d'ap-
puyer afin d'échauffer les pièces à souder et de liquéfier
la soudure pour la faire pénétrer. Lorsqu'on a placé une
goupille de fer à l'intérieur, il faut l'étamer d'abord et
employer un fer très chaud afin de faire pénétrer profon-
dément la soudure et lui faire atteindre la goupille.
La lampe à souder est ici d'un grand secours et permet
de se passer de fer à souder dans bien des cas.
La brasure s'obtient avec de la grenaille de bronze et
d'étain à l'aide d'un chalumeau à gaz dont la flamme est
activée par un soufflet que le pied fait mouvoir.
La pièce à braser, préalablement décapée, est placée sur
du coke dans une petite forge- on ajoute un peu de borax
— 73 —
et on chauffe attentivement, car les points de fusion de la
soudure et du bronze sont parfois proches l'un de l'autre
et on risque de fondre partiellement la pièce.
La très haute température exigée altère toujours et fait
même disparaître la dorure sur une surface assez grande,
il est donc nécessaire de redorer ou refaire la patine.
Cet inconvénient est moindre avec la soudure à l'étain
qui ne forme qu'un trait blanchâtre qu'on peut masquer
avec des ors ou des bronzes en poudres.
Pour tarauder il faut d'abord percer un trou avec une
mèche un peu moins grosse que le taraud qu'on enfonce
ensuite en tournant doucement, le filetage produit la vis
et s'obtient au moyen de la filière dont chaque trou doit
avoir son taraud spécial.
NACRE
La nacre est tirée des coquilles d'huîtres ou de coquilles
spéciales plus grandes mais toujours concaves : la première
est de qualité inférieure, la seconde donne un éclat splen-
dide et reflète toutes les couleurs de l'arc-en-ciel -, on
observe ces deux qualités de nacre sur les plateaux de
bois dur qui nous viennent du Tonkin.
La forme des coquilles fait qu'on ne peut obtenir des
parties planes, droites, que d'une dimension très limitée,
ces morceaux sont taillés aux extrémités en chanfrein ou
longs biseaux que l'on colle avec de bonne colle de pois-
son, les pièces sont ensuite poncées et polies. Les joints
sont alors à peine visibles, néanmoins on peuttoujours les
reconnaître sur des pièces longues telles que les branches
d'un éventail.
On comprend que le collage bout à bout devient in-
— 74 —
suffisant, sans aucune solidité et que la réparation con-
siste à remplacer le morceau en agissant comme pour la
fabrication, la solidité est alors la même.
ÉCAILLE
L'écaillé est ou sculptée ou moulée, c'est une matière
animale qui renferme un corps gras, lequel rend tout col-
lage solide impossible, sauf pour la très vieille écaille d'où
la graisse a disparu.
Donc l'écaillé ne se colle pas, mais elle peut se souder
en la ramollissant à la vapeur et par les mêmes procédés
qu'on emploie pour son façonnage -, la réparation devient
alors invisible et aussi solide qu'avant l'accident.
IVOIRE
L'ivoire en vieillissant prend une jolie patine d'un brun
chaud surtout dans les parties que la lumière n'atteint
pas, telles que les dessous de coffrets, le dos d'un Christ,
l'envers d'un triptyque.
Les pièces importantes perdues doivent être refaites en
ivoire et la couleur raccordée au moyen de laques trans-
parentes.
Les petits morceaux, les éclats peuvent être refaits et
traités ensuite pour la couleur comme il est indiqué au
chapitre des faïences, avec les mêmes pâtes et les mêmes
procédés, en ayant soin de mettre peu de vernis dans les
couleurs qu'on polira ensuite avec la poudre de ponce et
— 75 -
auxquelles un léger encaustique redonnera le brillant de
l'ivoire.
On peut donner à un plâtre l'aspect du vieil ivoire en
le trempant à chaud dans de la cire vierge ou de la stéa-
rine teintée, c'est le procédé employé dans le commerce,
mais nous lui préférons un enduit de couleur au vernis,
à base de blanc de zinc, qui offre plus de solidité et de
fixité et qu'il est plus facile de nuancer à volonté.
ÉVENTAILS
Les montures d'éventails sont généralement en bois,
nacre, ivoire, écaille, etc., et se réparent comme c'est
indiqué aux chapitres portant ces titres. Les feuilles sont
en papier, en parchemin, en soie, etc. On peut ajouter
un morceau à une feuille de papier ou de parchemin et
rendre le joint et la réparation invisibles, il faut choisir
un papier de même grain et même épaisseur. On taille
ensuite en biseaux les côtes à joindre et on se sert de
colle de poisson très fluide et sans acide. Ce travail exé-
cuté avec soin ne laisse aucune trace, même vu en trans-
parence.
Les décors se font ensuite à la gouache, avec retouches
d'aquarelles. Les ornements dorés se font avec l'or en
coquille ou de la poudre d'or délayée avec la gomme
arabique ou un peu de dextrine.
Par le même procédé, on peut refaire des marges ou
les parties perdues d'une gravure.
NETTOYAGE ET CONSERVATION
Nous devons séparer avec soin les objets qui reçoivent
du temps une patine naturelle qu'il faut toujours res-
pecter, parce qu'on ne l'imite qu'imparfaitement, des
objets vitrifiés qu'on peut laver et frotter impunément.
Les pièces de céramique les plus anciennes doivent
être propres et n"ont qu'à gagner à l'être. On doit au
contraire se méfier des pièces encrassées souvent inten-
tionnellement pour tromper l'amateur.
L'eau froide ou tiède employée avec du savon ou de
l'eau de javel suffit pour leur rendre leur éclat.
On se sert de brosses à peindre neuves pour les figu-
rines, en ayant soin de passer légèrement sur les parties
réparées, on rince à l'eau claire et on laisse sécher. Ne
pas oublier que les dorures sur faïence et porcelaine
s'usent par le frottement.
Les marbres artistiques se lavent de la même manière,
en évitant le savon qui graisse, même observation pour
les terres cuites. Eviter l'emploi du plumeau ou du chif-
fon pour les épousseter et se servir d'un soufflet.
BRONZES
Les cuivres et bronzes au naturel peuvent et doivent
être frottés avec des poudres et eaux de cuivre que
vendent les marchands de couleurs • les bronzes vernis
ne peuvent être qu'essuyés légèrement ou époussetés
avec le plumeau ; il en est de même pour les bronzes
— 77 —
dorés; cependant, quand ces derniers, après un long
temps, s'encrassent et noircissent, on peut les laver avec
de l'eau additionnée d'alcali ou avec de l'acide sulfurique
très étendu, les rincer plusieurs fois à grande eau et les
essuyer en les roulant dans de la sciure de bois bien
sèche.
Les bronzes patinés ne doivent être ni lavés ni frottés.
MEUBLES
Les bois vernis au tampon ou à la gomme laque, d'un
aspect très brillant, ne doivent pas être frottés avec la
flanelle, excepté quand on désire atténuer l'éclat trop vif
du vernis.
Les bois polis et encaustiqués peuvent être frottés
chaque jour avec une flanelle douce, on peut même de
loin en loin leur redonner une couche très légère d'en-
caustique. Si, au contraire, la couche de cire est trop
épaisse et poisse sous le doigt, on doit les frotter avec un
chiffon doux imprégné d'essence de térébenthine, laisser
sécher et frotter ensuite avec la flanelle sèche.
DORURE SUR BOIS
La dorure sur bois est très délicate, surtout la dorure
brunie dite: dorure à l'eau, il faut donc éviter de la
frotter et surtout de la laver. Cependant lorsqu'un vieux
bois doré a été réparé il est souvent recouvert d'une
couche très mince de colle de peau diluée qui permet de
vieillir l'or nouveau et de mettre le cadre d'ensemble*
- 78 -
dans ce cas on peut passer une éponge fine de toilette
imbibée d'eau claire, mais sans y revenir à plusieurs fois.
Un cadre doré sali par les mouches peut encore se
laver avec une colle de peau très étendue d'eau tiède ou
des blancs d'œufs battus avec quelques gouttes d'eau de
javel non concentrée.
Il faut éviter de laisser, exposés au soleil, les miniatures,
portraits, pastels, aquarelles et ivoires patinés; car le
soleil qui fournit toutes les couleurs reprend son bien
partout où il le trouve et finit même par altérer certaines
couleurs de vitraux, sans cependant nuire à l'effet d'en-
semble qui reçoit peut-être de ce chef une harmonie
éclatante qu'on ne trouve plus dans les travaux mo-
dernes.
TABLEAUX
La réparation de tableaux demanderait de nombreuses
pages pour traiter toutes les parties qui composent ce
travail d'une importance très grande. Plusieurs brochures
existant déjà, nous nous bornerons à donner notre opi-
nion sur quelques détails.
Le rentoilage appartient aux praticiens ; les petites
pièces doivent se poser à la cire ; le dévernissage à
l'alcool ou le déroulage sous le doigt ne doit jamais être
poussé à son extrême limite, surtout dans les portraits
terminés avec des glacis; les rebouchages doivent se faire
de préférence avec de la pâte à doreur qui jaunit moins
que la céruse.
Enfin les repeints doivent être faits avec des couleurs
au vernis et du blanc de zinc, en opérant comme il a été
dit pour les faïences.
Il faut peu étendre les retouches, l'idéal étant desavoir
se borner au strict nécessaire.
Ayant compose ce livre avec la préoccupation cons-
tante de condenser les renseignements indispensables à
tout amateur de céramique et objets dart, peut-être avons-
nous parfois écrit trop compendieusement , dans le but
louable de ménager le temps de nos lecteurs ; nous nous
mettons donc à leur disposition pour tous renseignements
complémentaires concernant la fabrication ou la répa-
ration.
J. Lamboursain,
Céramiste-Réparateur d'objets d'art,
13, rue de Seine, PARIS
MARQUES
DES
FAÏENCES & PORCELAINES FRANÇAISES
— 83 —
è'ctfu <?ecU?
TW fa***
ipt *V»f %ae
-84—
'J? Os'i/eivce - 'fouvls
/fWi^ XI tî «JticCe
Â.Vtot X v / i '4 Ut te /«* S Évrfi^rf:
cl Limace \ N\ Û R^fl N £.
<* Sainte f ortiers
far elhnt pi ma 'd^-J
Dnn/a Stt>É*rau\ h
A..--
W-4-5-B.ps
1636 >6 S9 'T^4 iS5
Dmw [ej-eu-w. ïï$ow& j'^piv
*4 n ^
Vo/r /a suite, Pa^e 95.
MM
.1D - 00
-PP -^r;H
ivii^ . *vi'm* xvf»? Xvih'
- félNTfAH.
J*™n CHAQUE
Jk faite Qfy_>&<
?.B -y- mp
SaS y
*M -MD
-88-
faïence - t{oubtuu
o y - £-
^tto t inouilieri
Aïitôiue Guickojici
de mou$tier$
-90-
AAOtty tyôwyqk-ktuM Sceau».
p-K QP- *ls
60 VÀ.vzeJ
0
91
N A. _ F B -
/îi. 0 c 'û f
' I T v ho semant
— 92
'foule, \vm
Cl oulM féline
; 72. é
iVV- S <*<nSont
173 i
PI H f) -%t $
93 —
P.B.c 12- ... 5^
/6%
att cl tours II
Léger*
Ivjevwe
95-
CM-II2- I PEUT'
m , i J^&iL "S"
97
M
A- ^
<E-> <p LP- J2.
Moitié-^- ^/ft'*
-98-
tfOlCtloubVU
— 99-
<$QiceCa,iii€ . $ww? ■
Y_(^.C.H_V- % f
•uve IbUwu^ ^ ^ petite 4,^<,i-Hett£
au
et
tut mltOWjo
MAP ?K~ J.r
}> M- o^mw Courte ?oco& 4etU
-gg m»*
ioo—
c.H.p/u/V^yT
& c'f -Paris,
✓» lue <W C'Vw/i'Jot
/A r /. _ il* 1—
CdTauSet ! JWcl [mjfkdwu
— 101
OVCttùUislVt - ( <2>mv>)
««3 jr Hfctf rj)) fxWb
fil
SL-^T-JH-eSÙL-
(S/- 3£- X- x -
—102
A.Lut4tv\Lu\
LORRAINE
n*9
% R -H- eR - i
MImpV | M.N =
cte 3^vr<?^ i Sevrés
Ï04
Sevrés
>%4^3 ml"
Sa res
70 *
J«H83e lis*
%-So.
IBM -S 1
S52
"105-
y ^
ïl If dix
* GEO*
Gin,
7î<L,OJ
A™ A
ft> or
^/
T"
tC T T
y.
g S ""
S£
Ji w
r
* 6y
* A.
u A
A
/a
* ■#
y /y
%l <p
1$ Jô °@
<o Q,
Ci, {JjS
%r
" l
fo S*
V ^
^e. <D ^1
n 6
1 >7 /OC
"> T
Se 3
•f se
si y
^ H
si
^■-^
y.
7* t
P S
I
—106-
3* rfiss
"3 ?.H.
"r n?.
Hé *
"
ut- ;
0
0
I/O
"s • • .
• 0 0 0,
il/ à
f 9 9 ^ J
r<f« ^
1 $ s*
{U %00O
lape?
,i; <&*
n' R
1 i. t m
X
'"*>
j ic y a
fil «71.
'"j a
,3Î P.A
'ne
"THF
,f<CD
c .s.
•
— 107 —
"'M
en
15 31
i û \ lit /">
kstiLa. 1
■'71
M.
/VI j
iQt à' y es
jS -4L A
n$ r
1 A [A
'M,
,,7/?j?.
p
%" %
,w %
_ ïo8 —
MANUFACTURE DE SÈVRES
TABLEAU DES SIGNES
INDIQUANT
L'ANNÉE DE LA FABRICATION
A
—
1753
Y
==
i775
= XII 1804
B
1754
Z
=
1776
H h
=XIIIi8o5
G
I755
AA
—
1777
=rrXIVl8o6
D
—
1756
BB
1778
7
== 1807
E
i757
ce
lW
8
= 1808
F
i758
DD
1780
9
== 1809
G
i759
EE
1781
10
z= l8lO
H
—
1760
FF
=
1782
oz
= l8l l
I
1761
GG
i783
dz
== l8l2
K
1762
HH
=
1784
tz
= l8l3
L
i763
II
1785
qz
= l8l4
M
1764
KK
— .
1786
qn
= 1815
N
1 765
LL
1787
sz
= l8l6
O
1766
MM
1788
ds
= 1817
P
1767
NN
1789
Q
R (*)
1768
1769
OO
PP
1790
1791,
De 1818 à 1834 où
le millésime commen-
ça à être mis en son
S
T
U
1770
1771
1772
QQ
RR
T
1792
i793
IXi8oï
entier, l'année est ex-
primée par les deux
derniers chiffres seu-
lement : ainsi 18 pour
V
X
i773
1774
X
1 1
X 1802
XIi8o3
1818, 19 pouri8ig et
ainsi de suite jusqu'à
(1) On substitue parfois la Comète à la lettre Z pour .l'année
1769.
De 1794 à 1800 l'usage des marques semble être tombé en désué-
tude, on n'en rencontre que de rares exemples.
LISTE
DES
PEINTRES ET DÉCORATEURS DE SÈVRES
PREMIÈRE PÉRIODE
1753-1800.
i3 Aloncle, oiseaux animaux,
attributs.
2. Anteaume, paysage et ani-
maux.
3. Armand, oiseaux, fleurs,
etc.
4. Asselin, portraits, minia-
tures, etc.
5. Aubert aîné, fleurs.
6. Bailly fils, fleurs.
7. Bardet, fleurs.
8. Barre, bouquets détachés.
9. Barrât, guirlandes, bou-
quets.
10. Baudouin, ornements, fri-
ses, etc.
11. Becquet, fleurs, etc.
12. Bertrand, bouquets déta-
chés.
13. Bienfait, dorure.
14. Binet, bouquets détachés.
15. Binet (Mme, née Sophie
Chanou), fleurs.
16. Boucher, fleurs, guirlan-
des, etc.
17. Bouchet, paysages, figures
et ornements.
18. Bouillat, fleurs, paysages.
19. Boulanger, bouquets déta-
chés.
20. Boulanger fils, sujets pas-
toraux, enfants.
21. Bulidon, bouquets déta-
chés.
22. Bunel (Mme, née Manon
Buteux), fleurs.
23. Buteux père, fleurs, attri-
buts, etc.
24. Buteux fils aîné, bouquets
détachés, etc.
25. Buteux fils jeune, sujets
pastoraux, enfants.
26. Capelle, frises diverses.
27. Cardin, bouquets détachés.
28. Carrier, fleurs.
29. Castel, paysages, chasses,
oiseaux.
30. Caton, sujets pastoraux,
enfants, portraits.
31. Catrice, fleurs, bouquets
détachés.
32. Chabry, miniatures, sujets
pastoraux.
33. Chanou (Mme, née Julie
Durosey), fleurs.
34. Chapuis aîné, fleurs, oi-
seaux, etc.
35. Chapuis jeune, bouquets
détachés.
36. Chauvaux père, dorure.
37. Chauvaux fils, bouquets dé-
tachés, dorure.
38. Chevalier, fleurs, bouquets,
etc.
39. Choisy (de), fleurs, ara-
besques.
40. Chulot, attributs, fleurs,
arabesques.
41. Commelin, bouquets déta-
chés, guirlandes.
42. Cornaille, fleurs, bouquets
détachés.
43. Couturier, dorure.
44- Dieu, Chinois, fleurs chi-
noises, dorure, etc.
45. Dodin, figures, sujets di-
vers, portraits.
46. Drand, Chinois, dorure.
47. Dubois, fleurs, guirlandes,
etc.
48. Dusolle, bouquets déta-
chés.
49. Dutanda, bouquets déta-
chés, guirlandes.
50. Evans, oiseaux, papillons,
paysages.
5 1 . Falot, arabesques, oiseaux,
papillons.
52. Fontaine, attributs, minia-
tures, etc.
53. Fontelliau, dorure, etc.
54. Fourè, fleurs, bouquets,
etc.
55. Fritsch, figures, sujets d'en-
fants, etc.
56. Fumez, bouquets détachés,
etc.
57. Gauthier, paysages et ani-
maux.
58. Genest, figures et genre.
5g. Genin, fleurs, guirlandes,
frises, etc.
60. Gérard, sujets pastoraux,
miniatures.
6 1 . Gérard (Mme, née Vautrin),
fleurs.
62. Girard, arabesques, Chi-
nois, etc.
63. Gomery, fleurs et oiseaux.
64. Gremont, guirlandes, bou-
quets.
65. Grison, dorure.
66. Henrion, guirlandes, bou-
quets détachés.
67. Héricourl, guirlandes bou-
quets détachés.
68. Hilken, figures, sujets pas-
toraux, etc.
69. Houry, fleurs, etc.
70. Huny, fleurs, bouquets,
détachés.
71. Joyau, bouquets détachés,
etc.
72. Jubin, dorure.
73. La Roche, fleurs, guir-
landes, attributs.
10 —
74. Le Bel aîné, figures et
fleurs.
75. Le Bel jeune, guirlandes,
bouquets, etc.
76. Léandre, sujets pastoraux,
miniatures.
77. Lecot, Chinois, etc.
78. Ledoux, paysages et oi-
seaux.
79. Le Guay, dorure.
80. Leguay, miniatures, en-
fants, Chinois.
81. Levé père, fleurs, oiseaux,
arabesques.
82. Levé {Félix), fleurs, Chi-
nois.
83. Maqueret (Mme, néeRachel
Bouillat), fleurs.
84. Massy, groupes de fleurs,
guirlandes.
85. Mérault, aîné, frises di-
verses, etc.
86. Mérault jeune, bouquets,
guirlandes.
87. Micaud, fleurs, bouquets,
cartels.
88. Michel, bouquets détachés.
89. Moiron, bouquets déta-
chés.
90. Mongenot, fleurs, bou-
quets.
91. Morih, marine, sujets mi-
litaires.
92. Mutel, paysages.
93. Nique t, bouquets détachés
etc.
94. Noël, fleurs, ornements.
95. Nouailhier (Mme, née So-
phie Durosey), fleurs.
96. Parpette (Philippe, fleurs,
bouquets détachés.
97. Parpette (Dlle Louison),
fleurs.
98. Pajou, figures.
99. Petit, fleurs.
100. Pjeiffër, bouquets déta-
chés.
101. Pierre aîné, fleurs, bou-
quets détachés.
102. Pierre jeune, bouquets,
fuirlandes.
ilippine aîné, sujets pas-
toraux, enfants, etc.
104. Pithou aîné, portraits, su-
jets d'histoire.
105. Pithou jeune, figures, rieurs
et ornements.
106. Pouillot, bouquets déta-
chés.
107. Prévost, dorure.
108. Raux, bouquets détachés.
109. Rocher, figures, minia-
tures, etc.
110. Rosset, paysages, etc.
ni. Roussel, bouquets détachés.
112. Schradre, oiseaux, pay-
sages.
n3. Sinsson, fleurs, groupes,
guirlandes.
114. Sioux aîué, bouquets dé-
tachés, guirlandes.
11 5. Sioux jeune, fleurs et guir-
landes.
116. Tabary, oiseaux, etc.
117. Taillandier, bouquets dé-
tachés, guirlandes.
118. Tandart, groupes de fleurs,
guirlandes.
119. Tardi, bouquets détachés,
etc.
120. Théodore, dorure.
121. Thévenet père, fleurs, car-
tels, groupes.
122. Thévenet fils, ornements,
frises, etc.
123. Vandé, dorure, fleurs.
124. Vavasseur, arabesques.
125. Vieillard, attributs, orne-
ments.
126. Vincent, dorure.
127. Xroivet, arabesques, fleurs,
etc.
1 28. Yvernel, paysages, oiseaux.
IIe PÉRIODE
1800- 1874.
129. André (Jules), paysages.
130. Apoil, figures, sujets, etc.
131. Apoil (Mme), figures.
132. A rchelais, ornemaniste (pâ-
tes sur pâtes).
133. Avisse(Saul), ornemaniste.
134. Barbin (Franc), orne-
ments.
1 35. Barré, fleurs.
136. Barriat, figures.
137. Béranger (Ant.), figures.
1 38. Blanchard, décorateur.
139. Blanchard (Alex.), orne-
maniste.
140. Boitel, dorure.
141. Bonnuit, décorateur.
142. Boullemier (Ant.), dorure.
143. Boullemier aîné, dorure.
144. Boullemier fils, dorure.
145. Buteux (Eug.), fleurs.
146. Cabau, fleurs.
147. Capronnier, dorure.
148. Célos, ornemaniste (pâtes
sur pâtes).
149. Charpentier , décorateur.
150. Charrin(DUe Fanny), figu-
res, sujets, portraits.
1 5 1 . Constant, dorure.
152. Constantin, figures.
1 53. Dammouse, figures et or-
nements (pâtes sur pâtes).
154. David (Alex.), décorateur.
1 55 . Davignon, paysages.
156. Delafosse, figures.
157. Desperais, ornements.
1 58. Derichsweiler, décorateur.
1 59. Develly (Charles), paysages
et genre.
160. Deutsch, ornements.
161. Didier, ornements.
162. Drouet, fleurs.
163. Ducluzeau (Mme), figures,
sujets, portraits.
164. Durosey, dorure.
165. Faraguet (Mme), figures,
sujets, etc.
166. Ficquenet, fleurs et orne-
ments (pâtes sur pâtes).
167. Fontaine, fleurs.
168. Fragonard, figures, genre,
etc.
169. Ganeau fils, dorure.
170. Gély, ornemaniste (pâtes
sur pâtes).
171. Georget, figures, portraits,
etc.
172. Gober t, figures sur émail
et sur pâtes.
173. Godin, dorure.
174. Goupil, figures.
175. Guillemain, décorateur.
176. Hallion {Eugène), paysages
177. Hallion (François), doreur,
décorateur.
178. Huard, ornements, divers
styles.
179. Humbert, figures.
180. Julienne (Eugène), orne-
ments, style renaissance,
etc.
18 ï. Lambert, fleurs.
182. Langlacé, paysages.
183. Latache, dorure.
184. Le Bel, paysages.
185. Legar-, ornemaniste (pâtes
sur pâtes).
186. Le Gay (Et. Charles),
figures, sujets divers, por-
traits.
187. Legrand, dorure.
188. Leroy (Eugène), dorure.
189. Martinet, rieurs.
190. Maussion (MUe de), figures.
191. Mérigot, ornements, etc.
192. Meyer (Alfred), figures,etc.
193. Micaud, dorure.
194. Milet (Optât), décorateur
sur faïence et pâtes.
195. Moreau, dorure.
196. Moriot, figures, etc.
197. Parpette (Dlle), fleurs.
198. Philippine, fleurs et orne-
ments.
199. Pline, doreur-décorateur.
200. Poupart (Achille), pay-
sages.
201. Régnier (Ferd.), figures,
sujets divers.
202. Régnier (Hyacinthe), figu-
res etc.
203. Réjoux (Emile), décora-
teur.
204. Renard (Emile), déoora-
205. Richard (Emile), fleurs.
206. Richard (Eugène), fleurs.
207. Richard (François), déco-
teur.
208. Richard (Joseph), décora-
teur.
209. Richard (Paul), doreur-
décorateur.
210. Riocreux (Isidore), paysa-
ges.
211. Riocreux (Désiré- Denis,
fleurs.
212. Robert (Pierre), paysages.
21 3. Robert (Mtoe), fleurs et
paysages.
214. Robert (Jean- François) ,
paysages,
21 5. Roussel, figures.
216. Schilt (Louis~Pierre)^ûeurs.
217. Sinsson (Pierre), fleurs.
218. iSo/ow, figures et ornements.
pâtes sur pâtes).
219. Swebach, paysages et genre.
220. Trager (Jules), fleurs, oi-
seaux.
221. Troyon, ornements.
222. W aller, fleurs.
Ont signé en toutes lettres :
Baldissevoni, figures.
Brunei, figures.
Bulot, rieurs.
Cool (Mme de), figures.
Courcy (Fréd. de), figures et
émaux.
Froment, figures.
Gallois (Mme, née Durand), fi-
gures.
Garnerdy, paysages.
Degault, figures.
Goddé, décorateur, émaux et
reliefs.
Hamon, figures.
Jaccober, fleurs et fruits.
Jacquotot (Mme Victoire), ûgurQS,
sujets, portraits. '
Jadelot (Mme), figures.
Langlois (Polyclès), paysages.
Laurent (Mme Pauline), figures,
sujets, etc.
Lessore, figures.
Meyer-Heine, figures et orne-
ments sur émail.
Parant, figures.
Philip, décorateur sur émail.
Schilt (Abel), figures, sujets,
portraits.
Solon (Dlle), figures, sujets.
Treverret (DUe de), figures.
Van Os, fleurs et fruits.
Van Marck, paysages.
TABLE DES MATIÈRES
PREMIÈRE PARTIE
Pages.
Origine de la céramique 1
Classification de Brongniart 4
La silice et ses composés 4
Les terres cuites 5
Leur caractère distinctif '. 6
Terres cuites décorées 7
Poterie commune vernissée 8
Poterie artistique vernissée 9
Faïences communes stanifères 10
Barbotine 13
Faïences fines 14
Terres à engobe 14
Faïences fines à engobe 15
Grès cérames « 16
Faïences à reflets métalliques 17
Caractères généraux des faïences françaises 18
Porcelaine dure ou chinoise 20
Façonnage et décors 23
Découverte du kaolin en Europe 24
Broderies en porcelaine 25
Vieux Saxe et ses caractères distinctifs 26
Weedgvood 26
Capo di monte et Buen retiro 26
Porcelaine tendre 27
Porcelaine tendre du commerce 28
Biscuits 28
— ii4 —
Pages.
Émaux 29
Émaux champleves cloisonnés 30
Cloisonnés sur faïence 30
Le verre 33
Verres irisés 34
Étude sur la céramique 1 35
Décor par impression . . . 39
Les laques 42
Le bronze et ses alliages 44
Petit bronze du marais 45
Dorure sur bois 46
Vernis Martin 47
Outils pour dorer sur bois 48
DEUXIÈME PARTIE
RÉPARATIONS
Colles 49
Gomme laque 50
Colles mastic 51
Pâte anglaise 51
Plâtre à la dextrine 51
Cire et mastic des monteurs 52
Cire à modeler 52
Réparations de la céramique 53
Collage à la gomme laque 54
Lampes à souder 55
Rebouchage 56
Papiers de verre 56
Agrafes, goupilles 57
Pièces manquantes 58
Pièces à refaire 58
Vernis 59
Couleurs 60
Préparation des couleurs pour faïences 60
Brosses 61
Enduit 61
Glaçage 61
Réparation des fleurs en relief . 63
Ors 63
Bronzes en poudre •.•„•.•, 64
Or en relief 64
Plâtre ... ..... 65
Moulage , 65
— ii5 —
Pages.
Estampage 65
Moules à creux perdus 66
Moules à bons creux 67
Réparations vitrifiées 67
Réparations des terres cuites 68
Couleurs pour terres cuites 69
Réparations des marbres 70
Scellements des marbres . . 71
Réparations du bronze 72
Soudure, brasure 72
Taraudage 72
Nacre 73
Ecaille • • 74
Ivoire 74
Eventails 75
Nettoyage et conservation 75
Bronzes 76
Meubles 77
Dorure sur bois 77
Tableaux 78
APPENDICE
Marques des faïences et porcelaines françaises 107
Paris — Imp. PAUL DUPONT 4, rue du Bouloi (Cl.) 10.3.97.